Coast Systems

GUIDE DE TRANSCRIPTION ORTHOGRAPHIQUE DU DIOULA

Table des matières

Burkina Faso Unité Progrès Justice

(Version définitive)

Réalisé avec le concours financier du Programme Alpha de la Coopération Suisse au Développement

INTRODUCTION

La sous-commission nationale du dioula a organisé du 27 août au 5 septembre 1998 à Ouagadougou un séminaire de révision des règles de transcription orthographiques du dioula avec l’appui financier du Programme Alpha de la Coopération Suisse au développement. Durant dix (10) jours, les séminaristes avec l’appui de professeurs Linguistes de l’Université de Ouagadougou ont élaboré des nouvelles règles de transcription orthographiques du dioula. Ces nouvelles règles ont été multipliées et diffusées auprès des utilisateurs pour être testées. Les différents tests qui ont été effectués, ont révélé un certain nombre de difficultés dans la mise en application de ces nouvelles règles.

Aussi, les responsables de la sous-commission ont jugé nécessaire qu’une relecture soit faite en vue d’harmoniser et de finaliser les nouvelles règles. Une fois de plus avec le concours financier du Programme Alpha de la Coopération Suisse au Développement, il a été organisé un atelier de relecture, qui s’est déroulé du 4 au 6 septembre 2000 au CRPA des Hauts Bassins à Bobo- Dioulasso.

A la suite de cette relecture des tests ont été organisés au niveau de trois zones à savoir Bobo- Dioulasso, Banfora-Orodara et Dédougou-Nouna. Ces tests ont été effectués auprès des superviseurs, des animateurs de centres d’alphabétisation, des auditeurs de centre d’alphabétisation ainsi qu’auprès d’un certain nombre d’utilisateurs du Dioula. Le présent document est le résultat de tous ces travaux qui de façon concertée a été retenus par les différents acteurs.

Dans le processus de test et de validation, nous avons rencontré des difficultés organisationnelles qui très sensiblement ont retardé la sortie du présent document. En effet, l’attente des résultats du test de la zone de Banfora-Orodara ne nous a pas permis de sortir à temps le fruit du travail attendu par tous.

Nous remercions le Programme Alpha de la Coopération Suisse au Développement qui a bien voulu nous soutenir financièrement dans cette activité dont le résultat était très attendu par les scripteurs.

Nous leur présentons très sincèrement notre regret pour ce grand retard indépendant de notre bonne volonté

A tous les utilisateurs de ce document, nous leur souhaitons un très bon usage.

1. CONVENTIONS

Outre les abréviations habituelles telles que cf., etc., N.B. : les conventions suivantes sont employées dans le présent Guide.

+

“associé à”

“devient”

Exemple : n + n

“n associé à n”

Exemple : nsiirin ➞ siirin

“nsiirin devient siirin”
“devient”

Exemple : siran + ya ➞ siranya

“siran associé à ya devient siranya”

=

Traduction en français

Exemple : soo = la maison

(soo est traduit par “la maison”)

( )

{zsp}

:

1) Précisions complémentaires

Exemples : CV (Consonne + voyelle) CV c’est-à-dire consonne associée à voyelle

Nbaa (réponse masculine à salutation)

Nsee (réponse féminine à salutation)

2) Indication du choix à opérer

Exemple : Ni ka gwɛlɛ ou nin ka gwɛlɛ ? (Nin). Faut-il écrire Ni ka gwɛlɛ ou Nin ka gwɛlɛ ? (Ecrire Nin)

3) Elément à ajouter ou à supprimer en fonction de l’accord

Exemple : il/elle est sorti (e) / il est sorti ou elle est sortie.

[ ] Prononciation ; transcription phonétique

Exemple : gwabugu=cuisine [ gbabugu ] ou [ gabugu ]

/

ou

Exemple : il/elle il ou elle

~

Autre forme ou autre prononciation d’un mot

Exemple : yi ~ ye yi ou encore ye.

2. ABREVIATIONS

Adj.

adjectif

C

consonne

E

énoncé

N

lexème ou base nominal (e)

V

voyelle

v

lexème ou base verbal (e)

VN

voyelle nasale

vn

lexème ou base verbo-nominal (e)

VO

voyelle orale

3. DE L’ORTHOGRAPHE DU DIOULA

Il est convenu que dans un texte français on écrira désormais dioula et que la forme jula figurera exclusivement dans les textes en dioula.

3.1. l’alphabet du dioula

L’alphabet est l’ensemble des lettres retenues pour l’écriture orthographique d’une langue donnée. Par rapport à la décision N°367/ENC/CNU du 27 juillet 1973, l’alphabet du dioula subit quelques modifications qui sont l’ajout de la lettre «V», l’abandon de la lettre «sh» au profit de la lettre «S» et le remplacement de la lettre “ny” par la lettre “ɲ”

La lettre “V” a été ajoutée compte tenu de son existence en dioula dans certains mots et aussi sa fréquence de plus en plus élevée dans les mots d’emprunt, des mots spécialisés et des néologismes.

Les mots prononcés avec “S” sont plus courants en dioula que ceux prononcés avec [ ʃ ]. De ce fait la lettre “Sh” représentant le son [ ʃ ] est abandonnée au profit de la lettre “S”. 7 Exemples :

Shɔ

sɔsɔ

= haricot

Shiyɛ

sisɛ

= poulet

Shu

suu

= nuit

Shi

sii

= karité

L’adoption de la lettre “ɲ” permettra de distinguer dans l’écriture le son [ ɲ ] d’une voyelle nasale VN suivi de la consonne “y” et une voyelle orale VO suivie de la consonne “ɲ”.

Exemples :

VN suivie de y:

=

Siran + ya

siranya

= peur

Bon + ya

bonya

= grosseur

Soon + ya

sonya

= vol

VN suivi de ɲ :

Kaan + ɲaa

kanɲa

= Voix, syllabe

Biin + ɲaga

binɲaga

= foin

VO suivi de ɲ

Boon + ɲaa

bonɲa

= anti-chambre

Kɔnↄ + ɲa

kɔnɔɲa

=nombre de grossesse, de geste

ɲɔɔ + ɲaga

ɲɔɲaga

= drêche de mil.

L’ordre alphabétique est modifié et de ce fait, on trouvera “c” entre “b et d, j” ; entre “i” et “k”. Pour sa part, “v” viendra s’insérer entre “u” et “w”. Les lettres “gw et kw” bien que ne figurant pas dans l’alphabet sont acceptées dans l’orthographe et considérées comme ne représentant chacune qu’une seule consonne. On admettra que “gw” peut être prononcé [ gb ] ou [ g ] et que “kw” peut être prononcé [ kp ] ou [ k ]

Exemples :

Gwabugu

= (cuisine)

peut être prononcé [gbabugu] ou [gabugu].

Gwɛrɛ

= (approcher)

peut être prononcé [gbɛrɛ] ou [gɛrɛ].

Gwata

= (hangar)

peut être prononcé [gbata] ou [gata].

Kwɛrɛ

= (métier à tisser)

peut être prononcé [kpɛrɛ] ou [kɛlɛ] ou encore [kwɛlɛ]

Il existe en bambara un type assez fréquent de consonnes appelées consonnes prénasalisées. Elles sont habituellement représentées par la lettre “n” suivi d’une consonne.

Les prénasalisées sont généralement simplifiées en dioula et les mots qui les contiennent sont prononcés avec des consonnes simples comme dans les exemples suivants :

nsiirin ➞ siirin conte

nsira

➞ zira

cuivre

nsaban

➞ zaban

liane goïne

nkɔni

➞ gɔni

violon

nkalon

➞ galon

mensonge

ntɔmɔnɔ

➞ tɔmɔnɔ

jujube

Les consonnes simples seront retenues de préférence aux formes prénasalisées comme cela apparaît dans les exemples ci-dessus.

Font exception à cette disposition le “nga” = (mais) et les réponses à une salutation :

  • de la part d’un homme : nbaa

  • de la part d’une femme : nsee

3.2. Les lettres de l’alphabet

L’alphabet dioula comporte 28 lettres représentées ainsi qu’il suit :

Les minuscules

a, b, c, d, e, ɛ, f, g, h, i, j, k, l, m, n, ɲ, ŋ, o, ɔ, p, r, s, t, u, v, w, y, z.

Les majuscules

A, B, C, D, E, Ɛ, F, G, H, I, J, K, L, M, N, Ɲ, Ŋ, O, Ɔ, P, R, S, T, U, V, W, Y, Z.

L’utilisation des majuscules est retenue dans certains cas :

  • en début d’énoncé ;

  • après un point ;

  • à l’initiale des noms propres ;

  • dans les sigles ;

  • chaque fois que de besoin

3.3. Comment épeler les lettres

Pour épeler les lettres de l’alphabet du dioula, on garde aux voyelles leur valeur phonétique et on associe aux consonnes la voyelle neutre [ə].

Tableau des lettres de l’alphabet du dioula

Lettre

Valeur phonétique

Epelée

Exemple

traduction

a

[a]

a

ale

lui

b

[b]

baba

papa

c

[c]

cɛɛ

l’homme

d

[d]

daba

la houe

e

[e]

e

bere

le bâton

ɛ

[ɛ]

ɛ

kɛlɛ

la bagarre

f

[f]

foro

Le champ

g

[g]

galama

la louche

h

[h]

hakili

la mémoire

i

[i]

i

sigi

le buffle

j

[j]

jaba

l’oignon

k

[k]

kala

la tige

l

[l]

lɛɛ

le porc

m

[m]

mɔgɔ

l’être humain

n

[n]

nɔnɔ

le lait

ɲ

[ɲ]

ɲə

ɲɔɔ

le mil

ŋ

[ŋ]

ŋə

ɲuna

la fontanelle

o

[o]

o

bolo

le bras

ɔ

[ɔ]

ɔ

bɔlɔ

le piquet

p

[p]

pan

sauter

r

[r]

yɔrɔ

le lieu

s

[s]

sanu

l’or

t

[t]

tan

dix

u

[u]

u

muru

le couteau

v

[v]

van (ka van)

s’envoler

w

[w]

wari

l’argent

y

[y]

yan

ici

z

[z]

zaban

3.4. Les consonnes et les voyelles

Les lettres se répartissent en consonnes et en voyelles.

3.4.1. Les consonnes

Les consonnes sont au nombres de 21

b, c, d, f, g, h, j, k, l, m, n, ɲ, ŋ, p, r, s, t, v, w, y, z.

3.4.2. Les voyelles

Les voyelles sont au nombre de 7

a, e, ɛ, i, o, ɔ, u.

Chacune a une correspondante longue

aa, ee, ɛɛ, ii, oo, ɔɔ, uu ;

une correspondante nasale brève

an, en, ɛn, in, on, ɔn, un

et une correspondante nasale longue

aan, een, ɛɛn, iin, oon, ɔɔn, uun.

Seules les voyelles orales brèves apparaissent dans l’alphabet.

3.4.2.1. Les voyelles longues

Pour représenter une voyelle longue, on la double dans l’écriture. La longueur vocalique a une fonction distinctive en dioula : elle sert à marquer une différence de sens entre deux mots. De ce fait, un mot contenant une voyelle longue doit s’écrire toujours avec sa voyelle longue.

Exemples :

baara

= travail

bara

= nombril ; gourde

seere

= témoin

sere

= kwashiorkor

fɛɛrɛ

= technique

fɛrɛ

= aisance

miina

= étape du Hadj

mina

= attraper

sooro

= couler

soro

= hanche

kɔɔri

= coton

kɔri

= virgule

tuuru

= s’écarter

turu

= planter ; huile.

La longueur vocalique a une fonction expressive. Aussi la voyelle est doublée dans l’écriture.

Exemples :

Caaman

= très grande quantité (présence de la fonction expressive).

Fɔɔ

= très loin, jusqu’à…​ (présence de la fonction expressive).

La longueur vocalique peut être le résultat de la chute de la lettre “g” entre deux voyelles. Dans ce cas la consonne “g” sera rétablie à l’écrit.

Exemples :

taa

➞ taga

= aller

waati

➞ wagati

= moment

salibaatɔ

➞ salibagatɔ

= paresseux

taamasiɲɛ

➞ tagamasiɲɛ

= signe

L’on rencontre dans les écrits dɔɔ ; dɔɔw = (certain ; certains) ; sii = (rien, aucun) avec des voyelles redoublées alors que ces mots sont des spécificatifs. On les écrira avec une voyelle brève : dɔ, dɔw et si.

3.4.2.2. Les voyelles nasales

Pour représenter une voyelle nasale ont écrit la voyelle orale suivie de la lettre “n”. Dans l’ordre alphabétique les voyelles nasales sont les suivantes : an, en, ɛn, in, on, ɔn, un,

Comme la longueur, la nasalité des voyelles a une fonction distinctive en dioula. Elle sert à marquer une différence de sens entre deux mots. De ce fait, un mot contenant une voyelle nasale doit s’écrire toujours avec sa voyelle nasale.

Exemples :

sanga

= funérailles

saga

= mouton

tilen

= redresser

tile

= soleil

jɛngɛ

= écarter, incliner

jɛgɛ

= poisson

sinsin

= panier

sisi

= fumée

kolon

= mortier

kolo

= os

kɔlɔn

= puits

kɔlɔ

= noix de karité

sunsun

= pomme cannelle

susu

= piler

Note

en cas d’hésitation sur le caractère orale ou nasale d’une voyelle dans le mot, il est recommandé de se référer à un lexique ou à un dictionnaire.

Exemples :

a yi jii mi ou a yi jii min ? il/elle a bu l’eau

adopter “min”

ni ka gwɛlɛ ou nin ka gwɛlɛ ? ça c’est difficile

adopter “nin”

3.5. Les phénomènes d’alternance

Parfois, il arrive qu’un mot ait deux formes et que l’on se demande alors laquelle choisir. La liste de ces mots ne peut être donnée ici de façon exhaustive mais les exemples ci-après peuvent servir de guide.

Prenons les cas d’alternances suivantes :

3.5.1. Alternances des voyelles

a) à l’intérieur des mots

a ~ i :

fani ou fini

= habit

adopter a ou i

baraka ou barika

= force bénédiction

adopter a ou i

walasa ou walisa

= pour que

adopter a ou i

walama ou walima

= ou

adopter a ou i

a ~ e :

daali ou deeli

= demander, prier

adopter a ou e

a ~ o :

malobali ou molobali

= qui n’a pas honte

adopter a ou o

o ~ i :

tobi ou tibi

= cuisiner

adopter o ou i

i ~ ɛ :

tigɛ ou tɛgɛ

= main

adopter i ou ɛ

nigɛ ou nɛgɛ

= fer

digɛ ou dɛgɛ

= boule d’akassa

jigɛ ou jɛgɛ

= poisson

b) En fin de mots

a ~ ɛ

ɲa ou ɲɛ

= devant

adopter a ou ɛ

mina ou minɛ

= attraper

dinga ou dingɛ

= fossé

e ~

bange ou bangi

= procréer

adopter e ou i

u ~

kafu ou kafo

= additionner

adopter u ou o

Ce phénomène peut être expliqué par l’évolution des voyelles plus ouvertes vers les voyelles plus fermées selon la loi du moindre effort. On peut opter d’écrire l’une ou l’autre forme mais dans un souci de cohérence, on écrira toujours la même forme choisie dans le même texte.

3.5.2. Alternance des consonnes

a) En début de mot

l ~

lii ou dii

= miel

adopter l

lɔn ou dɔn

= connaître

adopter l1,

lo ou do

= c’est

“ l

c ~

cɛɛ ou kɛɛ

= homme

adopter c

x

celiya ou keliya

= jalousie

“ c

t ~

tiɲɛ ou ciɲɛ

= vérité

adopter t

tiɲɛn ou ciɲɛn

= abîmer

“ t

y ~

yiran ou jiran

= frire

adopter y

x

yiri ou jiri

= arbre

“ y

d ~

dusu ou jusu

= coeur

adopter d

t ~

tile ou kile

= soleil, jour

adopter t

d ~

dilan ou gilan

= réparer

adopter d

b) en milieu de mot

r ~

barabara ou balabala

= bouillir

adopter r

s ~

kunsigi ou kunzigi

= cheveux

adopter s

ɲ ~

fiɲɛ ou finyɛ

= vent

adopter ɲ

x

biɲɛ ou binyɛ

= foie

“ ɲ

x

biɲɛ ou binyɛ

= flèche

“ ɲ

g ~

ɲiningali ou ɲininkali

= interrogation

adopter g

x

wagati ou wakati

= moment

adopter g

3.6. LA SYLLABE

3.6.1. Les différentes sortes de syllabes

La structure de base de la syllabe en dioula est CV (consonne + voyelle). C’est la raison pour laquelle les mots empruntés à d’autres langues s’y conforment le plus fidèlement possible.

Exemples :

Soo

= la maison

Taga

= pars

Kile

= clé

Un deuxième type de syllabe du dioula est la voyelle. Il se rencontre plus souvent dans les pronoms.

Exemples :

A bɔra

= il/elle est sorti(e)

An bɛnna

= nous nous sommes mis d’accord

Adama nana

= Adama est venu

Arajo Burukina

= Radio Burkina

Le troisième type de syllabe que l’on relève en dioula est la nasale syllabique. Elle est représentée dans les différentes formes du pronom de la première personne du singulier et s’écrit invariablement “n” quel que soit son contexte d’apparition.

Exemples :

n bi taga ka na

= je vais et je reviens

a yi n weele

= il m’a appelé

a y’a di n ma

= il me l’a donné

n tilara n ka baara la

= j’ai fini mon travail

n fana b’a fɛ

= moi aussi j’en veux

3.7. Les groupes de consonnes

Les groupes de consonnes que l’on entend souvent en dioula résultent de la prononciation affaiblie d’une voyelle qui sépare ces consonnes. En ce qui concerne les mots prononcés avec des groupes de consonnes, la forme pleine du mot doit être rétablie à l’écrit par l’insertion de la voyelle. La voyelle à rétablir est “i” si le mot est terminé par i, e, ɛ, ou in, en, ɛn. La voyelle à rétablir est “u” si le mot est terminé par u, o, ɔ, ou un, on, ɔn.

Exemples :

tle

➞ tile

= soleil, jour

tlo

➞ tulo

= oreille

tlɔ

➞ tulɔ

= grossir

flen

➞ filen

= sifflet

tlon

➞ tulon

= jeu

Pour les mots terminés par “a” ou “an”, il peut s’agir de “i” ou de “u” . Il faut dans ce cas se référer à un lexique ou à un dictionnaire.

Exemples :

fla

➞ fila

= deux

fla

➞ fula

= peulh

sra

➞ sira

= route

sran

➞ siran

= avoir peur

fran

➞ furan

= balayer

fra

➞ fura

= médicament

yran

➞ yiran

= frire

4. LES TONS

4.1. Ecrire ou ne pas écrire les tons ?

A l’oral, les tons en dioula permettent de distinguer :

a) Du point de vue sémantique :

  • deux mots qui s’écrivent avec les mêmes lettres ;

  • les mots composés des groupes nominaux ou verbaux comprenant les mêmes éléments.

b) Du point de vue grammatical

  • la forme définie de la forme indéfinie en ce qui concerne les noms.

Compte tenu de ces fonctions des tons, leur notation avait été préconisée dans les règles orthographiques du dioula. Dans la pratique cependant, ces unités n’ont jamais été écrites. Le fait de ne pas écrire les tons ne gêne aucunement les dioulaphones qui apprennent à lire les textes écrits en dioula. Ils parviennent à rétablir les tons dès qu’ils savent reconnaître les lettres.

Par conséquent, les tons ne seront pas écrits dans l’orthographe du dioula. Cependant, pour les ouvrages lexicographiques tels que les dictionnaires et les lexiques généraux ou spécialisés, les tons doivent êtres notés. Dans ces mêmes ouvrages, la voyelle des substantifs monosyllabiques ne doit pas être redoublée.

4.2. Le problème posé par la non représentation des tons

Le fait de ne pas écrire les tons dans l’orthographe entraîne le problème de la distinction entre les pronoms personnels a “il/elle” et “vous”.

Pour résoudre ce problème, on écrira la troisième personne du singulier comme suit : “ a ” sans accent.

Le pronom de la deuxième personne du pluriel s’écrira alors “ á ” avec accent aigu.

On retiendra que le fait de noter la deuxième personne du pluriel par “ á ” est simplement une convention orthographique pour pallier l’absence de l’écriture des tons dans l’orthographe. Ce pronom devra se conformer à cette convention quel que soit son contexte d’apparition à l’écrit et même sous sa forme majuscule.

Exemples :

A y’a weele k’a di yan

= il l’a appelé pour moi

Á y’a weele k’a di yan

= appelez-le moi.

5. LA FORMATION DES MOTS

5.1. Quelques précisions terminologiques préalables

Il est rare que tous les mots d’une langue soient des unités simples. Certains sont dérivés : les mots dérivés sont formés avec plusieurs unités parmi lesquelles une peut être reconnue comme dérivatif (voir liste des dérivatifs).

D’autres sont composés : les mots composés sont formés avec plusieurs unités reconnaissables comme noms, verbes ou adjectifs.

Les unités simples de la langue qui peuvent être des noms, des verbes, des adjectifs ou des adverbes sont appelées lexèmes.

Le lexème est donc une unité simple, c’est-à-dire une unité qui n’est ni dérivée ni composée. Dans une langue, les lexèmes coexistent avec d’autres unités simples appelées morphèmes.

Les morphèmes sont les unités grammaticales de la langue. Parmi elle, nous avons les dérivatifs, les marques du nom, les marques du verbe, les relateurs, les particules, etc.

En dioula les noms ou les verbes utilisés dans les phrases sont formés à partir d’une base à laquelle est associée une marque soit nominale (indéfini, défini, singulier, pluriel) soit verbal (marque de conjugaison).

  1. Une base est simple si elle coïncide avec le lexème.

  2. Une base est dérivée si elle comporte un lexème et un ou plusieurs dérivatifs.

  3. Une base est composée si elle est formée avec plusieurs lexèmes.

  4. Une base est nominale si elle ne peut être associée qu’à des marques du nom.

  5. Une base est verbale si elle ne peut être associée qu’à des marques du verbe.

  6. Une base est verbo-nominale si elle peut être associée aussi bien à des marques du nom qu’à des marques du verbe sans être préalablement associée à un dérivatif.

  7. Les bases verbo-adjectivales du dioula employées dans une phrase sont caractérisées par un couple de marques : ka (affirmatif) / man (négatif)

5.2. La dérivation

La dérivation est un processus de formation des mots. Le mot dérivé est obtenu par l’adjonction à un lexème ou à une base, d’un morphème appelé “dérivatif”.

Qu’il soit placé avant (c’est-à-dire préfixé) ou après (c’est-à-dire suffixé), le dérivatif s’écrit toujours collé au lexème ou à la base.

La liste des dérivatifs les plus fréquents est donnée ci-après. Conventionnellement, on place un tiret après les dérivatifs pour indiquer qu’ils se collent à gauche du terme, c’est-à-dire qu’il sont préfixés. Le tiret est placé avant les dérivatifs qui se collent à droite du terme, c’est-à-dire ceux qui sont suffixés.

5.2.1. Les dérivatifs préfixés

Les dérivatifs préfixés s’ajoutent à des lexèmes ou à des bases verbaux uniquement ; ce sont :

la -

lataga

= faire partir

ma-

magwɛn

= poursuivre

5.2.2. Les dérivatifs suffixés

- baga

fanikobaga

= laveur d’habits

- bali

malobali

= impudique

- ba

tasaba

= bassine

musoba

= grosse femme

- ci

tugubagaci

= qui fait exprès

janfaci

= traitre

- ka

boboka

= bobolais

- la ~ na

bozola

= territoire bozo

nagakɔrɔla

= bas-ventre

farafinna

= Afrique Noire

- la

hakilila

= opinion

- la

sɛnɛkɛla

= agriculteur

fanikola

= laveur d’habits

- man

jiman

= liquide

finman

= noir

- nan

sabanan

= troisième

- nan ~lan

wusunan

= encens

sigilan

= siège

- ri ~li ~ ni

tobiri

= cuisiner

susuli

= pilage

danni

= semis

- nin

cɛnin

= bonhomme

- ta

santa

= à acheter

feereta

= à vendre

- tan

waritan

= qui manque d’argent

fangatan

= pauvre, «sans force»

- tɔ

kɔngɔtɔ

= affamé

- ya

teriya

= amitié

NOTE

Les mots dérivés s’écrivent collés aux noms qu’ils déterminent.

5.2.3. Le redoublement

Le redoublement est considéré comme une forme de dérivation. Il consiste en la répétition d’un mot donné. Quand on écrit un mot redoublé, on peut en séparer les parties ou les coller.

5.2.3.1. S’écrivent séparés

Les éléments des mots redoublés s’écrivent séparés lorsque le mot redoublé appartient à une des catégories suivantes : s’ils entrent dans des cas suivants :

  • Adjectifs

Exemples :

nunu ka bon bon

= ceux-ci sont gros

jalayiriw ka jan jan

= les caïlcédrats sont hauts.

  • Adverbes

Exemples :

joona joona

= très vite

dɔɔnin dɔɔnin

= doucement, petit à petit

  • Mots indiquant le temps

Exemples :

bii bii nin na

= actuellement

fɔlɔ fɔlɔ

= jadis

sisan sisan

= immédiatement

galen galen

= jadis

  • Numéraux

Exemples :

kelen kelen

= un à un

duuru duuru

= cinq par cinq

fila fila

= deux par deux ; deux chacun

tan tan

= dix par dix ; dix chacun

En cas de redoublement partiel en ce qui concerne essentiellement les numéraux, on utilisera le trait d’union.

Exemples :

du-duuru

= cinq par cinq ; cinq à chacun

na-naani

= quatre par quatre ; quatre chacun

wɔ-wɔɔrɔ

= six par six ; six chacun.

5.2.3.2. S’écrivent collés
  • Les noms redoublés

Exemples :

wowo

= beaucoup de trous

tomitomi

= pointillés

ɲamaɲama

= ordures

  • Les verbes redoublés

Exemples :

kurukuru

= faire des boutons à plusieurs endroits

magamaga

= bouger

tɔnitɔni

= goutter

sirisiri

= attacher à plusieurs endroits

tantan

= donner des coups de pied.

  • Les mots ressemblant à des redoublés

Il existe des mots qui présentent la structure des redoublés mais qui ne peuvent pas être segmentés en deux éléments. En fait, la forme répétée n’existe pas seule ou si elle existe, son sens n’est en rien proche de celui de la forme redoublée. Ce type de forme s’écrit en un seul mot.

Exemples :

ka ŋunuŋunu

= murmurer

k’a barabara

= faire bouillir

k’a kɛnɛkɛnɛ

= circoncire

ka yɛrɛyɛrɛ

= trembler

ka sɔgɔsɔgɔ

= tousser

k’a funfun

= asperger

k’a yuguyugu

= secouer

k’a kalankalan

= bigarrer

sanbɛsanbɛ

= bonne année

fɔgɔfɔgɔ

= poumon

5.3. La composition

La composition est un processus de formation de mots qui consiste en l’adjonction de deux lexèmes au moins. Les différentes catégories grammaticales du dioula peuvent intervenir dans la formation des bases composées. Les éléments des composés s’écrivent collés en un seul mot. La liste des différents types de bases composées est donnée ci-après avec l’utilisation des abréviations suivantes :

Avant les flèches :

n

= lexème ou base nominal (e)

v

= lexème ou base verbal (e)

vn

= lexème ou base verbo-nominal (e)

Après les flèches :

n

= base nominale

v

= base verbale

vn

= base verbo-nominale

Les types de mots composés

n + n ➞ n

Exemples :

juru + fiyɛ

➞ jurufiyɛ

=puisette

kami + faan

➞ kamifan

=œuf de pintade

saga + sogo

➞ sagasogo

=viande de mouton

siin + jii

➞ sinji

=lait maternel

dugu + tigi

➞ dugutigi

=chef de village

wari + koo

➞ wariko

=affaire d’argent

saga + muso

➞ sagamuso

=brebis ; femme au caractère de mouton.

fɛɛn + gwansan

➞ fɛngwansan

=chose de peu de valeur

lɔgɔ + jalan

➞ lɔgɔjalan

=bois sec

mɔgɔ + sɔbɛ

➞ mɔgɔsɔbɛ

=personne honorable

Awa + fitinin

➞ Awafitinin

=Haoua la petite

Donso + ŋana

➞ donsoŋana

=grand chasseur

n + v ➞ n

Exemples :

deen + wolo

➞ denwolo

= procréation

muso + furu

➞ musofuru

= mariage

soo + boli

➞ soboli

= chevauchée

kurun + dilan

➞ kurundilan

= fabrication de pirogues

kuun + dimi

➞ kundimi

= maux de tête

bɔgɔ + toli

➞ bɔgɔtoli

= terre pourrie

jii + nɔgɔ

➞ jinɔgɔ

= eau sale

ɲɔɔ + tigɛ

➞ ɲɔtigɛ

= récolte de mil.

n + v ➞ v

Exemples :

kɔrɔ

+ ta

➞ kɔrɔta

= soulever (v)

fura

+ kɛ

➞ furakɛ

= soigner (v)

ɲaa

+ fɔ

➞ ɲafɔ

= expliquer (v)

lɔgɔ

+ la

➞ lɔgɔla

n + postposition + n ➞ n

Exemples :

jii + ra + fɛɛn

➞ jirafɛn

= aquatique

bolo + la + nɛgɛ

➞ bololanɛgɛ

= bracelet

su + ra + fɛɛn

➞ surafɛn

= pot - de - vin

dugu + ma + fɛn

➞ dugumafɛn

= terrestre

gaman + kɔrɔ + sii

➞ gamankɔrɔsi

= poils d’aisselle.

n + adj. ➞ n

Exemples :

nɔnɔ + kɛnɛ

➞ nɔnɔkɛnɛ

= lait frais

wulu + jugu

➞ wulujugu

= chien méchant

fanga + fin

➞ fangafin

= force pure

wari + misɛn

➞ warimisɛn

= monnaie

cɛɛ + gwɛ

➞ cɛgwɛ

= homme au teint claire

n + adj. ➞ n

NOTE

S’écrivent séparés les mots suivants :

muso + gwɛma

➞ muso gwɛman

= femme de teint claire

misi + finman

➞ misi finman

= bœuf de robe noire

nɔnɔ + jiman

➞ nɔnɔ jiman

= lait liquide ou non concentré

n +postposition + v ➞ vn

Cette composition ne peut s’appliquer qu’avec des noms qui indiquent une partie du corps humain.

Exemples :

daa + ra + bɔ

➞ darabɔ

= provoquer

kuun + na + la

➞ kunnala

= faire des reproches

bolo + ma + fara

➞ bolomafara

= contribution

ɲaa + ma + lɔ

➞ ɲamalɔ

= sérénité

ɲaa + ma + nɔgɔ

➞ ɲamanɔgɔ

= souillure

n +v ➞ vn

Exemples :

Jakuma + tagama

➞ jakumatagama

= adopter une démarche de félin

fali + bugɔ

➞ falibugɔ

= battre comme un âne

suu + ta

➞ suta

= prendre comme un cadavre

wulu + mina

➞ wulumina

= traiter comme un chien

wulu + bugɔ

➞ wulubugɔ

= battre comme un chien

nɔgɔsi + tagama

➞ nɔgɔsitagama

= adopter un démarche de caméléon

soo + girin

➞ sogirin

= adopter un vitesse de cheval au galop

5.4. Les expressions-mots

Les expressions-mots sont des phrases ou des parties de phrases se comportant comme un mot unique. On les écrit en un seul mot comme le montrent les exemples donnés ci-après : Dans certains de ces expressions-mots, on peut reconnaître un verbe suivi du pronom de la première personne du singulier, ce pronom remplissant la fonction de complément circonstanciel.

Exemples :

Sigi + n+ fɛ

➞ siginfɛ

= cohabitant, réfugié

ton + n + kan

➞ tonnkan

= choléra

bila + n + kɔrɔ

➞ bilankɔrɔ

= épargne

don + n + kɔnɔ

➞ donnkɔnɔ

= poison

fara + n + kan

➞ farankan

= additif

diya + n + ye

➞ diyanye

= objet de désire

jigi + n + na

➞ jiginna

= reproche

see + n + yɛrɛ + kɔrɔ

➞ senyɛrɛkɔrɔ

= autosuffisance

bolo + di + ɲɔgɔn + ma

➞ bolodiɲɔgɔnma

D’autres types d’expressions-mots sont des phrases.

A certaines de ces phrases il peut manquer le complément d’objet ou le sujet :

Exemples :

cɛɛ + tɛ + muso + tɛ

➞ cɛtɛmusotɛ

= hermaphrodite

ta + ka + yuguyugu

➞ takayuguyugu

= friperie

don + ka + filɛ

➞ donkafilɛ

= friperie

fɔ + ka + bɛn

➞ fɔkabɛn

= entente verbale

bila + ka + suma

➞bilakasuma

= report, repris

taga + ka + segi

➞ tagakasegi

= aller - retour

jɛɛn + ka + baara

➞ jɛnkabaara

= travail de groupe

bari + ka + wili

➞ barikawili

= progrès surprenant

pan + ka + cun

➞ pankacun

= sautillement

bari + n + na + koo

➞ barinnako

= surprise

saan + fa + dugu + fa

➞ sanfadugufa

6. LE NOM

Dans une phrase, le nom peut être sujet ou complément. Il se caractérise par le fait qu’il comporte certains morphèmes que l’on appellera ici marques du nom.

6.1. Les marques du nom

Parmi les diverses marques du nom, seule celle du pluriel se manifeste sous la forme du son [ u ]. Les noms monosyllabiques doublent la voyelle. La marque du singulier et celle de l’indéfini n’ont pas de manifestation particulière. Alors que celle du défini plus subtile, se caractérise par une différence de ton par rapport à celle de l’indéfini.

6.1.1. Les marques de l’indéfini et du défini

Soient les exemples suivants comportant des marques de tons sur les noms :

soo ma ye (ton haut - indéfini)

= aucun cheval n’a été retrouvé

soo ma ye (ton modulé - défini)

= le cheval n’a pas été retrouvé

muso ti yan (ton haut - indéfini)

= il n’y a pas de femme ici

muso ti yan (ton bas - défini)

= la femme n’est pas ici.

Il n’apparaît aucune différence orthographique dans l’écriture de ces noms.

6.2. La marque du pluriel

Le pluriel est conventionnellement représenté par “w” dans l’orthographe. Il s’écrit suffixé au nom.

Exemples :

Singulier

Pluriel

soon

= le voleur

soonw

= les voleurs

misi

= le bovin

misiw

= les bovins

bese

= la machette

besew

= les machettes

muso

= la femme

musow

= les femmes

balan

= le balafon

balanw

= les balafons

suruku

= l’hyène

surukuw

= les hyènes

7. LES MOTS COMPARABLES AU NOM

Certains mots de la langue remplissent les mêmes fonctions que les noms sans pour autant en être. Ce sont ces mots que nous considérons comme comparables au nom. Il peut s’agir de pronoms, de mots désignant le temps, le lieu, la manière, etc.

7.1. Les pronoms personnels

Ils s’écrivent comme suit :

Pronoms simples Pronoms d’insistance Singulier

1ere personne

n

Nne

2ème personne

i~

e ~ ile ~ ele

3eme personne

a

ale

Pluriel

1ere personne

an

anw

2eme personne

á

áw

7.2. D’autres sortes de pronoms

Il existe un certain nombre de mots qui peuvent s’associer au nom mais qui contrairement aux marques, s’écrivent séparés de lui. La plupart de ces mots peuvent être employés seuls comme pronoms et remplir la fonction de sujet ou de complément dans la phrase. Ce sont le démonstratif, le totalisateur, l’indéfini, les interrogatifs, le possessif indépendant, de même que les mots “foyi/fosi, si, wɛrɛ, yɛrɛ, ɲɔgɔn”.

7.2.1. le démonstratif

nin = ce, cet, cette ; celui-ci, celle-ci.

Ce mot a pour pluriel la forme nunu = ces ; ceux-ci, celles-ci.

Exemples :

nin bɔra Bobo

= celui-ci vient de Bobo

sanji yi nunu bugɔ

= la pluie a battu ceux-ci

jii kɛ nunu kan

= arrose ceux-ci

tasa nunu ka bon bon

= ces assiettes sont grandes.

7.2.2. Le totalisateur

bɛɛ = tout, tous

ce mot s’écrit avec une voyelle longue. Il garde la même forme au singulier et au pluriel.

Exemples :

bɛɛ ka na

= venez tous

muso ye bɛɛ fo

= la femme a salué tout le monde

a ye dubabu don bɛɛ ye

= elle a béni tout le monde

a ye fani bɛɛ ko

= il a lavé tous les habits

a y’a bɛɛ fɔ

= il a tout dit.

7.2.3. L’indéfini

dɔ = quelqu’un

Ce mot a pour pluriel dɔw = certains

Exemples :

dɔ nana

= quelqu’un est venu

a yi dɔ weele

= il a appelé quelqu’un

a y’a fɔ dɔ ye

= il l’a dit à quelqu’un

mɔgɔ dɔ lo

= c’est quelqu’un

cɛɛ dɔw nana kunu

= certains hommes sont venus hier.

7.2.4. Les interrogatifs

Les interrogatifs peuvent être employés seuls comme sujet ou complément, ou être associés à un nom dont ils s’écrivent séparés.

joli ? = combien ?

Exemples :

joli tununa ?

= combien sont égarés ?

saga joli tununa ?

= combien de moutons sont-ils égarés ?

juman = lequel, laquelle ? jumanw ? = lesquels, lesquelles ?

Exemples :

juman le nana ?

= lequel est venu ?

fura juman le bi yen

= quel médicament y a-t-il ici ?

mun ? = que ; quoi ?

Exemples :

mun le benna ?

= qu’est-ce qui est tombé ?

mun fɛɛnw le bena

= quelles choses sont-elles tombées ?

di ? = comment ? ; qu’est-ce que ?

Exemples :

a ko di ?

= qu’a-t-il dit ?

cogo di ?

= de quelles manière ? comment ?

jɔn ? = qui ? et min ? = où

Ces deux interrogatifs s’emploient toujours seuls comme sujet ou complément.

Exemples :

Jɔn le y’a fɔ ?

= qui l’a dit ?

jɔnw le y’a fɔ ?

= quels sont ceux qui l’on dit ?

a ye jɔn yira ?

= qui a-t-il montré ?

a fɔra jɔn ye ?

= à qui cela a-t-il été dit ?

Musa tagara min ?

= où est allé Moussa ?

7.2.5. Le pronom possessif indépendant

Le pronom possessif indépendant s’écrit “taa” au singulier et “taaw” au pluriel.

Exemples :

Musa taa lo

= c’est à Moussa

nne taaw tununa

= les miens sont perdus

ile taa tɛmɛn’a daan kan !

= toi, tu dépasses les bornes !

7.2.6. Foyi ~ fosi, si

foyi ~ fosi = rien, aucun

Il peut être employé comme sujet ou complément, ou être associé à un nom dont il s’écrit séparé.

Exemples :

foyi ma kɛ

= rien ne s’est passé

a ma foyi fɔ

= il n’a rien dit

a ma kɛ foyi ye

= il n’est devenu rien

mɔbili foyi ma na

= il n’est venu aucune voiture

  • Si = aucun

“si” est toujours associé à un nom ou pronom dont il est toujours séparé dans l’écriture.

Exemples :

mɔgɔ si ma na

= personne n’est venue

an si ma bɔ

= aucun de nous n’est sorti.

7.2.7. Wɛrɛ, yɛrɛ, ɲɔgɔn

wɛrɛ, yɛrɛ, et ɲɔgɔn s’écrivent séparés des mots auxquels ils sont associés

Exemples :

  • wɛrɛ = un autre ; a pour pluriel wɛrɛw = d’autres

loon wɛrɛ an bina kuma

= nous parlerons un autre jour

mɔgɔ wɛrɛw fɛ, a bi ten

= chez d’autres, c’est ainsi.

  • yɛrɛ = même

fagamancɛ yɛrɛ nana

= le chef lui-même est venu

karamɔgɔcɛ yɛrɛ siranna =

le marabout lui-même prit peur

  • ɲɔgɔn = semblable

n ka muru ɲɔgɔn san

= achète un couteau semblable au mien

i ka fani ɲɔgɔn bi n fɛ

= j’ai un habit semblable au tien

7.3. Les mots indiquant le temps, le lieu et la manière

Ces mots peuvent assumer les fonctions de sujet et de complément dans une phrase. Ils ne prennent pas les marques du nom.

  • Temps

salon

= l’année dernière

kunu

= hier

kɔsa

= il n’y a pas longtemps

ɲinan

= cette année

bii

= aujourd’hui

sisan

= maintenant

sini

= demain

  • Lieu

yan

= ici

yen

= là-bas

  • Manière

tan

= comme ceci

ten

= comme cela

7.4. Les chiffres et les nombres

On choisit de les écrire en lettre ou en chiffres en observant la cohérence dans le même texte. Dans une traduction, il faut se conformer à leur écriture dans le texte de départ. Quand la confusion est possible entre une classe de numéraux, “ani” sera utilisé seulement avant les unités simples.

Exemples :

miliyɔn tan ni duuru

=

15.000.000

miliyɔn tan ani duuru

=

15.000.005

8. LE VERBE

Dans une phrase, le verbe est élément central. Il assure la fonction de prédicat. Il est caractérisé par certains morphèmes qu’on appellera ici marques du verbe.

8.1. Les marques du verbe

Les marques placées avant le verbe s’écrivent séparées de lui. Pour sa part la marque “ra” et ses variantes, placées après le verbe s’écrit collée.

8.1.1. Les marques de l’accompli

construction transitive

Affirmatif

Négatif

verbe + - ra ~ -la ~ na

ma + verbe

Exemples :

a tagara

= il/elle est parti (e)

a ma taga

= il/elle n’est pas parti (e)

á bolila

= vous avez couru

ma boli

= vous n’avez pas couru

a benna

= il/elle est tombé (e)

a ma ben

= il/elle n’est pas tomé (e)

Construction intransitive

Affirmatif

Négatif

yi ~ ye + objet + verbe

ma + objet + verbe

Exemples :

á yi sogo san

= vous avez acheté de la viande

á ma sogo san

= vous n’avez pas acheté de la viande

Les formes “yi” ou “ye” peuvent être employées indifféremment mais, par souci de cohérence, il est recommandé de garder la même forme dans le même texte. Cette observation est valable pour toutes les marques qui connaissent une variation entre une forme contenant la voyelle -i- et une forme contenant la voyelle -e-. Il s’agit notamment de: bi ~ be, ti ~ te, bina ~ bena, tina ~ tena.

8.1.2. Les marques de l’inaccompli

  • L’habituel :

Affirmatif

Négatif

bi ~ be

ti ~ te

Exemples :

a bi na

= il vient

a ti na

= il ne vient pas

a bi sogo san

= il achète de la viande

a ti sogo san

= il n’achète pas de la viande

  • Le progressif

Affirmatif

Négatif

bi ~ be - ra ~ la ~ na

ti ~ te - ra ~ la ~ na

Exemples :

A bi bɔra

= il est entrain de sortir /

a ti bɔra

= il n’est pas entrain de sortir

A bi fani kora

= il est entrain de laver un habit / a ti fani kora

  • Le futur

Affirmatif

Négatif

bina ~ bena

tina ~ tena

Exemples :

a bina taga

= il partira

a tina taga

= il ne partira pas

a bina lɔgɔ ci

= il cassera du bois

a tina lɔgɔ ci

= il ne cassera pas du bois

  • Le projectif

Affirmatif

Négatif

Ka

kana

Exemples :

(a ko) n ka taga

= il m’a dit de partir

(a ko) n kana taga

= il m’a dit de ne pas partir

(a ko) n ka soo lɔ

= il m’a dit de construire (a ko) n kana soo lɔ

8.1.3. l’impératif :

Affirmatif

Négatif

1 personne plur.

ka

kana

2 personne plur.

yi ~ ye

Exemples :

an ka taga

= partons !

an kana taga

= ne partons pas !

an k’a la

= couchons-le !

an kan’a la

= ne le couchons pas !

á yi taga

= partez !

á kana taga

= ne le couchez pas !

8.1.4. L’optatif

Affirmatif

Négatif

Ma …​ - ra ~ - la ~ - na

kana

Ka

kana

Exemples :

Ala m’a balora

= que Dieu lui donne longue vie

Ala k’a balo

= que Dieu lui donne une longue vie

Ala kan’a balo

= que Dieu ne lui donne pas une longue vie

8.1.5. Le conditionnel :

mana

Exemples :

a mana kɛ ten…​.

=

si c’est ainsi…​

a mana mɔgɔ ye…​.

=

quand il voit quelqu’un…​..

8.1.6. L’inactuel

tun

Exemples :

a tun bɔra

= il était sorti

o tun bi ɲɔɔ susura

= elles pilaient le mil

tun peut être associé avec les autres marques. Il ne se colle pas à elles ni à aucun autre mot.

Exemples :

a tun kana bɔ

= il ne fallait pas qu’il sorte

o tun kana ɲɔɔ susu

= il ne fallait pas qu’elles pilent le mil.

8.1.7. Les marques de l’adjectif

On trouve parfois l’expression verbes statifs pour désigner les adjectifs. Les adjectifs ont leurs marques caractéristiques.

Affirmatif

Négatif

Ka

man

Exemples :

A ka bon

= il est gros

a man bon

= il n’est pas gros

9. LES PREDICATIFS NOMINAUX

Il est possible de former des phrases ne contenant pas de verbe. On appelle ce type de phrases des phrases nominales. Les marques caractéristiques des phrases nominales sont appelées des indicatifs nominaux. Ils s’écrivent séparés du nom. Les différents prédicatifs nominaux sont donnés ci-après avec des exemples illustratifs.

  • Identification

Affirmatif

Négatif

lo

Exemples :

Musa lo

= c’est Moussa

Musa tɛ

= ce n’est pas Moussa

  • Egalité

Affirmatif

Négatif

yi …​ ye

ti …​ ye

Exemples :

Sebe yi yiri ye

sebe ti yiri ye

Le rônier est un arbre

le rônier n’est pas un arbre.

  • Localisation

Affirmatif

Négatif

bi ~ be

ti ~ te

Exemples :

Banba bi jii ra

banba ti jii ra

Le caïman est dans l’eau

le caïman n’est pas dans l’eau

Dans certains contextes l’archiverbal bɛ est admis.

Exemples :

Nɛnɛ bɛ

= il fait froid

Funteni bɛ

= il fait chaud

Hɛɛrɛ bɛ ?

= comment ça va ?

10. LES ADVERBES

En parlant d’adverbe, nous nous en tiendrons à l’étymologie de ce mot c’est-à-dire ce qui s’ajoute au verbe ou le complète. Dans cette catégorie de mots, on relève des formes simples et des formes redoublées. Formes simples

Exemples :

a tagara suwɛyi

= il est parti à la sauvette

a y’a ta yewu

= il l’a pris correctement

a y’a ta cɔ

= c’est lui exactement qui l’as pris

a sɛbɛn kudayi

= écris toujours

a dumu faasi

= mange sans problème

Formes redoublées (1er cas)

Exemples :

kalo gwɛra pasi pasi

= la lune est très claire

saan finna ti ti ti

= le ciel s’est vraiment assombri

daga fara tewu tewu

= le canaris est très plein

jii sumana tɔn tɔn

= l’eau est très fraîche

baara gwanna pa pa pa

= le travail est très chaud

Dans le cas contraire, l’élément répété s’écrit en un seul mot.

Formes redoublée (2e cas)

Exemples :

ko nin kɛra ten tigitigi

= ça s’est passé exactement comme çà.

a ye baara nin walowalo

= il a fait ce travail avec agilité.

11. LES IDEOPHONES

Les idéophones sont des mots qui évoquent d’une façon imaginée un bruit ou un mouvement. Certain appartiennent à la catégorie des adverbes et sont de ce fait appelés des adverbes idéophoniques. Ils posent souvent des problèmes de traduction parce qu’ils sont propres à la langue qui les utilise et ne connaissent pas forcément d’équivalents dans une autre langue. D’autres idéophones trouvent leur place parmi les noms ou les verbes. Les idéophones s’écrivent en un seul mot.

Exemples :

  • titati

  • kirikara

  • wowawo

  • giribigaraba

  • vɛlɛkɛvɛlɛkɛ

  • yuruguyurugu

  • mulukumɛlɛkɛ

  • zogolozogolo

  • onaw.

12. LES MORPHENES RELATEURS

Les morphèmes relateurs sont des unités grammaticales qui interviennent pour relier deux mots, deux groupes de mots ou deux phrases entre eux. Ils s’écrivent séparés des formes qu’ils relient.

12.1. Les prépositions et les postpositions

Les prépositions et les postpositions relient un complément circonstanciel et un verbe.

12.1.1. Les prépositions

Fɔɔ = jusqu’à ; sauf

Exemples :

A tagara fɔɔ Bobo

= il est allé jusqu’à Bobo

Dunancɛ yi dumuni kɛ fɔɔ ka fa

= l’étranger mangea à satiéter

O tagamana ka taga fɔɔ dugu nana gwɛ

= ils/elles marchèrent jusqu’au lever du jour

Bɛɛ nana fɔɔ Maadu

= tous sont venus sauf Madou

  • kabini ~ kabi = depuis

Exemples :

A bɔra kabini sɔgɔma

= il/elle est sorti(e) depuis le matin

Kabi o kɛra

= depuis que cela s’est passé…​

12.1.2. Les postpositions

  • ma

Exemples :

A yi wari di Musa ma

=

il/elle a donné de l’argent à Moussa

A ko, an ma ko an kana sigi

=

il nous a dit de ne pas nous asseoir.

  • ye

Exemples :

sebe yi yiri ye

= le rônier est un arbre

bana le yi mɔgɔ jugu ye

= c’est la maladie qui est l’ennemi de l’homme

Exemples :

A tagara Musa fɛ

= elle est allée chez Moussa

sukaro bi n fɛ

= j’ai du sucre

  • ra ~ la ~ na

Exemples :

a la tile ra

= étales-le au soleil

a bɔra foro la

= il vient du champ

a don suma na

= mets-le à l’ombre

NOTE

la forme la plus fréquente en dioula est ra

12.2. Les noms relationnels

Il arrive qu’un mot généralement un nom de partie du corps humain, soit employé pour jouer le rôle de postposition. On parle de nom relationnel ou de non fonctionnalisé.

Liste des mots susceptibles de remplir le rôle de postposition :

Sens en tant que postposition

bolo

dans, chez

milieu, entre, parmi

kan

sur, dessus

derrière, après

kɔnɔ

dans

kɔrɔ

à proximité

kun

sur, avec

ɲa

devant, avant

lorsqu’un mot susceptible de remplir le rôle d’une postposition est suivi d’une postposition, les deux s’écrivent collés.

ɲa + fɛ

➞ ɲafɛ :

taga ɲafɛ

= va devant

ɲa + na

➞ ɲana :

a kɛra n ɲana

= cela s’est passé en ma présence

kan + ma

kanma :

o le kanma

= c’est pour cela

ju + kɔrɔ

➞ jukɔrɔ :

a bi yiri jukɔrɔ

= il est sous l’arbre

kɔnɔ + na

➞ kɔnɔna :

don kɔnɔna

= entres

kun + cɛ

➞ kuncɛ :

a bi kuru kuncɛ

= il se trouve au sommet de la montagne

cɛ + ma

➞ cɛma :

a donna mɔgɔw cɛma

= il s’est mêlé à la foule

cɛ + ra

➞ cɛra :

a siginin lo a deenw cɛra

= il est aussi parmi ses enfants

kun + fɛ

➞ kunfɛ :

a bi kuma a kunfɛ

= il parle sans faire attention

kun + na

➞ kunna :

a bi an kunna

lorsqu’une postposition succède aux formes suivantes : nɔɔ = trace ; seen = pied ; gɛrɛn = côté ; faan = direction : elles s’écrivent séparée.

Exemples :

nɔɔ + fɛ =

➞ nɔɔ fɛ

= à la suite de, à cause de

seen + fɛ =

➞ seen fɛ

= à l’occasion de

gɛrɛn +na =

➞ gɛrɛn na

= près de, à côté de

faan + fɛ =

➞ faan fɛ

= vers, en direction de, en ce qui concerne.

12.3. Le relatif et les conjonctions

Le relatif et les conjonctions relient deux propositions.

12.3.1. Le relatif

min = qui, que

Ce mot est indéfini, il peut aussi prendre la marque du pluriel.

Exemples :

mɔgɔ min nana

= la personne qui est venue

mɔgɔ minw nana

= les personnes qui sont venues

Fanta ye tagafe min san

= le pagne que Fanta a acheté.

12.4. Les conjonctions

barisa ~ bari

= parce que

bawo

= car

kasɔrɔ ~ kamasɔrɔ =

alors que

minkɛ

= du fait

nasɔrɔ

= peut-être

nga

= mais

sabu

= parce que

sango ~ jango

= pour que

yanni ~sanni

= avant de, au lieu de.

12.5. Les coordinatifs

Les coordinatifs relient deux mots ou deux propositions.

ni ~ ani

= et

ni …​ ye

= avec

walima ~waa

= ou bien

“ka” sert à relier des verbes ayant le même sujet. La voyelle finale de “ni” ou “ani” peut être élidée lorsque ces mots sont suivis d’un pronom autre “n” première personne du singulier.

Exemples :

Kalifa nana ni a ka nɛgɛso ye

= Kalifa a amené son vélo

Watara ni ale le be yen

= c’est Ouattara et lui qui y sont.

12.6. Le connectif et le distributif

Le connectif et le distributif servent à relier deux noms dans le groupe nominal.

12.6.1. Le connectif

ka ~ ta = pour, appartement à

Exemples :

deen ka fani

= l’habit de l’enfant

a ka fani

= son habit

12.6.2. Le distributif

o = quel que soit…​, quelque…​, que, chaque

Les noms placés de part et d’autres de ce mot sont à la forme indéfinie.

Exemples :

mɔgɔ o mɔgɔ

= quelle que soit la personne

deen o deen

= quel que soit l’enfant

juma o juma

= chaque vendredi.

13. LES PARTICULES

Les particules sont des morphèmes qui se surajoutent à des structures déjà formées (noms, verbes ou phrases) pour exprimer une valeur d’insistance, d’interrogation ou d’exclamation. Elles s’écrivent séparées des structures qu’elles accompagnent;

13.1. Les particules

le ~ lo

muso le y’a fɔ

= c’est la femme qui l’a dit

fana

a yi fani fana san

= elle a aussi acheté l’habit

dɔrɔn

a fɔ dɔrɔn

= dis le seulement

kɔni

a yi nin nɛnɛ kɔni

= elle a effectivement goûté cela

yɛrɛ

a ma sɔn yɛrɛ

= elle n’a même pas accepté

hali

hali n’i ma sɔn

= même si tu n’es pas d’accord

jaati

o kɛra jaati

= cela s’est vraiment passé

dun

ele dun ko di ?

= qu’en dis-tu alors, toi ?

13.2. Les particules d’exclamation

o to tan dɛ !

= laisse donc ainsi !

na ni fani ye kɛ !

= amène donc l’habit !

sa

a bɛɛ fɔ sa !

= dis tout donc !

koyi

a ma kuma koyi !

= il n’a pas parlé hein !

a fɔra wɛ

= cela a été dit, voyons !

haan

a sɔnna haan !

= elle a osé accepter !

jaa

jaa, an tor’a ra !

13.3. Particules d’interrogation

kɔni kɔni baba ka kɛnɛ ?

= Papa serait-il en bonne santé ?

wa

i bi taga wa ?

= t’en vas-tu ?

wa

a nana wa ?

= est-il vraiment là ?

do

somɔgɔw do ?

= comment vont les gens de la famille ?

yala yala a ma na ?

14. L’ELISION DES VOYELLES ET L’EMPLOI DE l’APOSTROPHE

L’élision se produit quand deux voyelles appartenant à des mots différents se retrouvent en contact. La première voyelle est élidée et remplacée par une apostrophe et les deux mots se retrouvent à former pratiquement un mot.

Exemples :

an y’o weele ka dɛsɛ

= nous les avons appelés en vain

u nana n’u ka nigɛsow ye

= il ont amené leurs vélos.

Seules les voyelles finales des marques des verbes et celles des coordinatifs ni, ani pourront être élidées dans l’orthographe. Les voyelles finales des verbes monosyllabiques seront maintenues mêmes si à l’oral on observe une élision.

Exemples :

a fɔ u ye u ka taga

= dis-leur de partir

valisi nin ta a ye

= prend cette valise pour lui

On notera que dans les deux derniers exemples, les voyelles des verbes monosyllabiques fɔ et ta ne sont pas élidées.

Exemples :

Tɛmɛ an fɛ

= passe chez nous

ou

tɛm’an fɛ

a tun fɔra u ye

= on le leur avait dit

ou

a tun fɔr’u ye

15. QUELQUES POINTS D’ORTHOGRAPHE D’USAGE

Sous cette rubrique, sont abordés divers points à propos desquels on peut relever des divergences orthographiques. Il s’agit donc d’aboutir à une harmonisation dans l’écriture de ces mots ou expressions.

15.1. Ecrire collé ou séparé ?

Les éléments suivants posent parfois des problèmes d’écriture. On les représentera comme suit :

15.1.1. En un seul mot

damanin ~ daman

= un certain nombre

dɔwɛrɛ

= un autre

kabini ~ kabi

= depuis ; depuis

kasɔrɔ ~ kamasɔrɔ

= alors que

kojugu

= trop

kokura

= à nouveau

koɲuman

= bien

kosɔbɛ

= beaucoup

kɔlɔkɔlɔ

= sans importance

minkɛ

= après

naganaga

= sans raison

nasɔrɔ

= peut-être

sanfɛ

= en haut

duguma

= par terre

dara

= proximité

furancɛ

= entre ; au milieu

cɛmancɛ

= milieu

kuncɛ

= sommet

sɔbɛkɔrɔ

= très bien

15.1.2. en séparant les éléments

bi yen = il y a ; y est. Comme par exemple dans : u bi yen wa ?= sont-ils présents ?

i n’a fɔ

= comme

i ko

= comme

jɔn ko Ala

= en vérité, de grâce

k’a la a kan

= sur cette base

15.2. Les emprunts

Pour écrire les emprunts (noms communs ou noms propres), on utilisera les lettres de l’alphabet dioula et on veillera au respect de la structure syllabique CV. Il faut se rappeler que ces lettres ne se prononcent pas toujours de la même façon dans d’autres langues Jean-Paul et Alexis par exemple doivent subir cette modification avant de figurer dans un texte en dioula. On aura de fait : Zanpoli et Alɛkisi.

Autres exemples d’emprunts :

Mots en français

Mots en dioula

Courroie

= kuruwa

Calendrier

= kalandiriye

Ecrou

= ekuru

Marie

= Maari

Clémentine

= Kelemantini

Burkina

= Burukina

Sénégal

= Sɛnɛgali

=== Les néologismes

Le dioula partage souvent les mêmes néologismes avec le bambara. Dans le cas où il existe une possibilité de réalisation typiquement dioula, il faut veiller au choix des lettres en se conformant aux alternances mentionnées au chapitre 1.2.

Exemples :

dafalen

➞ dafanin

= voyelle

samalen

➞ samanin

= allongé

dolonin

➞ lolonin

= astérisque

Etc.

15.3. Les sigles

Les sigles sont à considérer comme des noms propres. Ils seront écrits avec des majuscules sous leur forme en langue étrangère suivie de la façon de les écrire en dioula entre parenthèses.

Exemples :

PNUD

(Pinidi)

ONU

(Oni)

CRPA

(Sɛrɛpeya)

UNESCO

(Inɛsiko)

MEBA

(Meba)

Lorsque le sigle apparaît pour la première fois dans un texte, on peut l’expliquer. Il faut opter de représenter les sigles soit sous leur forme en langue étrangère, soit sous leur forme en dioula et s’en tenir à la même option dans le même texte.

15.4. la date

Pour écrire la date on fera suivre l’année du nom du mois puis du quantième. Le nom du jour peut se placer avant ou après ces éléments.

Exemples :

Lamusalon, saan 1998, sumanmɔkalo, tile 3 ou saan 1998, sumanmɔkalo tile 3, lamusalon. jeudi le 3 septembre 1998.

15.5. Les mois

sanyɛlɛmakalo

= janvier

foonɛnɛkalo

= février

funtenikalo

= mars

funtenibakalo

= avril

samiɲadonkalo

= mai

dannikalo

= juin

samiɲakalo

= juillet

cɔcɔkalo

= août

sumanmɔkalo

= septembre

samiɲalabankalo

= octobre

sumanladonkalo

= novembre

sanlabankalo

= décembre

15.6. Les jours de la semaine

tɛnɛ

= lundi

tarata

= mardi

araba

= mercredi

lamusa

= jeudi

juma

= vendredi

sibiri

= samedi

kari, haati, dimansi

= dimanche

15.7. Les points cardinaux

kɔrɔn ~ tilebɔ

= Est

tileben

= Ouest

kɔgɔdugu

= Nord

worodugu

= Sud

tilesenkuncɛ

= zénith

16. INSERTION DES CITATIONS

On écrira entre guillemets la traduction proposée en langue nationale pour un passage cité. Après avoir fermé les guillemets délimitant la citation, on écrira un petit chiffre en haut.

Exemple : traduction en dioula²

Le même chiffre sera repris en bas de page ou à la fin du document suivi de la version originale.

17. QUELQUES ABREVIATIONS

Les formes ci-après sont retenues comme équivalent aux abréviations usuelles que l’on relève dans les écrits ;

lire

Etc.

= onaw

o n’a ɲɔgɔnnaw

Cf.

= atf

a ye tag’a filɛ

N.B.

= Jt

jantoli

1er

= 1 lɔ

fɔlɔ

2e

= 2nan

filanan

Remarques: sera traduit en dioula par kɔrɔsili

18. LES SIGNES DE PONCTUATION

Les signes de ponctuation devront être utilisés d’une façon adéquate dans les écrits en dioula. Ils reçoivent en dioula les dénominations données ci-après en face des mots français présentés dans l’ordre alphabétique (les articles ne sont pas pris en comptes pour cet ordre).

L’accent

= tintinnan

Les accolades

= kɔnkɔnw

L’alinéa

= sirakura

L’astérisque

= lolonin

Les crochets

= sinsabaw

Deux points

= tomi filaw

Les guillemets

= kɔnkɔnliw

Les parenthèses

= sinsanninw/ kalaninw

Le point

= tomi

Le point d’exclamation

= kabalitomi

Le point d’interrogation

= ɲiningalitomi

Les pointillés

= tomininw / tomi tomiw

Les points de suspension

= tomi saba

Le point-virgule

= tomi ni kɔri

Le tiret

= cinin

Le trait d’union

= daɲɛkɔnɔci

La virgule

= kɔri

== IDENTIFICATION DES DOCUMENTS

Compte tenu du nombre écrits en langues nationales, tout document publié gagnerait à être désormais mieux identifié. Pour ce faire on fournira les informations suivantes :

  • Titre du document ;

  • Editeur ;

  • Lieu de l’édition ;

  • Année de l’édition ;

  • Nombre de volumes ;

  • Nom et prénom (s) du / des traducteur (s) ;

  • Nom et prénom (s) de l’auteur ou des auteurs ;

  • Numéro d’édition ;

  • Indication de la langue.

    NOTE

    une bibliographie ne se traduit pas en langue nationale.

19. ANNEXE

Ont participé à la finalisation de ce document :

  • DRAME Tidiani Bobo-Dioulasso

  • SOULAMA Ibrahim Bobo-Dioulasso

  • GOUO Jean Bobo-Dioulasso

  • HEMA Tiegbè Bobo-Dioulasso

  • HIEBIE Dramane Alphonse Banfora

  • TRAORE Alfred Orodara

  • TRAORE Madani Nouna

  • DESSA Dédougou

  • DRAME Adama Ouagadougou

  • HIEN Grégoire Ouagadougou

Test

Les superviseurs (5), animateurs (17), auditeurs (4) de centre d’alphabétisation de la région de Bobo-Dioulasso (village de Tondogosso), et de la région de Dédougou ont été le public cible auprès duquel le présent document a été testé.