GUIDE DE TRANSCRIPTION ORTHOGRAPHIQUE DU DIOULA
- INTRODUCTION
- 1. CONVENTIONS
- 2. ABREVIATIONS
- 3. DE L’ORTHOGRAPHE DU DIOULA
- 4. LES TONS
- 5. LA FORMATION DES MOTS
- 6. LE NOM
- 7. LES MOTS COMPARABLES AU NOM
- 8. LE VERBE
- 9. LES PREDICATIFS NOMINAUX
- 10. LES ADVERBES
- 11. LES IDEOPHONES
- 12. LES MORPHENES RELATEURS
- 13. LES PARTICULES
- 14. L’ELISION DES VOYELLES ET L’EMPLOI DE l’APOSTROPHE
- 15. QUELQUES POINTS D’ORTHOGRAPHE D’USAGE
- 16. INSERTION DES CITATIONS
- 17. QUELQUES ABREVIATIONS
- 18. LES SIGNES DE PONCTUATION
- 19. ANNEXE
Burkina Faso Unité Progrès Justice
(Version définitive)
Réalisé avec le concours financier du Programme Alpha de la Coopération Suisse au Développement
INTRODUCTION
La sous-commission nationale du dioula a organisé du 27 août au 5 septembre 1998 à Ouagadougou un séminaire de révision des règles de transcription orthographiques du dioula avec l’appui financier du Programme Alpha de la Coopération Suisse au développement. Durant dix (10) jours, les séminaristes avec l’appui de professeurs Linguistes de l’Université de Ouagadougou ont élaboré des nouvelles règles de transcription orthographiques du dioula. Ces nouvelles règles ont été multipliées et diffusées auprès des utilisateurs pour être testées. Les différents tests qui ont été effectués, ont révélé un certain nombre de difficultés dans la mise en application de ces nouvelles règles.
Aussi, les responsables de la sous-commission ont jugé nécessaire qu’une relecture soit faite en vue d’harmoniser et de finaliser les nouvelles règles. Une fois de plus avec le concours financier du Programme Alpha de la Coopération Suisse au Développement, il a été organisé un atelier de relecture, qui s’est déroulé du 4 au 6 septembre 2000 au CRPA des Hauts Bassins à Bobo- Dioulasso.
A la suite de cette relecture des tests ont été organisés au niveau de trois zones à savoir Bobo- Dioulasso, Banfora-Orodara et Dédougou-Nouna. Ces tests ont été effectués auprès des superviseurs, des animateurs de centres d’alphabétisation, des auditeurs de centre d’alphabétisation ainsi qu’auprès d’un certain nombre d’utilisateurs du Dioula. Le présent document est le résultat de tous ces travaux qui de façon concertée a été retenus par les différents acteurs.
Dans le processus de test et de validation, nous avons rencontré des difficultés organisationnelles qui très sensiblement ont retardé la sortie du présent document. En effet, l’attente des résultats du test de la zone de Banfora-Orodara ne nous a pas permis de sortir à temps le fruit du travail attendu par tous.
Nous remercions le Programme Alpha de la Coopération Suisse au Développement qui a bien voulu nous soutenir financièrement dans cette activité dont le résultat était très attendu par les scripteurs.
Nous leur présentons très sincèrement notre regret pour ce grand retard indépendant de notre bonne volonté
A tous les utilisateurs de ce document, nous leur souhaitons un très bon usage.
1. CONVENTIONS
Outre les abréviations habituelles telles que cf., etc., N.B. : les conventions suivantes sont employées dans le présent Guide.
- +
-
“associé à”
- ➞
-
“devient”
- Exemple : n + n
-
“n associé à n”
- Exemple : nsiirin ➞ siirin
-
“nsiirin devient siirin”
“devient” - Exemple : siran + ya ➞ siranya
-
“siran associé à ya devient siranya”
- =
-
Traduction en français
- Exemple : soo = la maison
-
(soo est traduit par “la maison”)
- ( )
-
{zsp}
- :
-
1) Précisions complémentaires
Exemples : CV (Consonne + voyelle) CV c’est-à-dire consonne associée à voyelle
Nbaa (réponse masculine à salutation)
Nsee (réponse féminine à salutation)
2) Indication du choix à opérer
Exemple : Ni ka gwɛlɛ ou nin ka gwɛlɛ ? (Nin). Faut-il écrire Ni ka gwɛlɛ ou Nin ka gwɛlɛ ? (Ecrire Nin)
3) Elément à ajouter ou à supprimer en fonction de l’accord
Exemple : il/elle est sorti (e) / il est sorti ou elle est sortie.
[ ] Prononciation ; transcription phonétique
Exemple : gwabugu=cuisine [ gbabugu ] ou [ gabugu ]
- /
-
ou
Exemple : il/elle il ou elle
- ~
-
Autre forme ou autre prononciation d’un mot
Exemple : yi ~ ye yi ou encore ye.
2. ABREVIATIONS
Adj. |
adjectif |
C |
consonne |
E |
énoncé |
N |
lexème ou base nominal (e) |
V |
voyelle |
v |
lexème ou base verbal (e) |
VN |
voyelle nasale |
vn |
lexème ou base verbo-nominal (e) |
VO |
voyelle orale |
3. DE L’ORTHOGRAPHE DU DIOULA
Il est convenu que dans un texte français on écrira désormais dioula et que la forme jula figurera exclusivement dans les textes en dioula.
3.1. l’alphabet du dioula
L’alphabet est l’ensemble des lettres retenues pour l’écriture orthographique d’une langue donnée. Par rapport à la décision N°367/ENC/CNU du 27 juillet 1973, l’alphabet du dioula subit quelques modifications qui sont l’ajout de la lettre «V», l’abandon de la lettre «sh» au profit de la lettre «S» et le remplacement de la lettre “ny” par la lettre “ɲ”
La lettre “V” a été ajoutée compte tenu de son existence en dioula dans certains mots et aussi sa fréquence de plus en plus élevée dans les mots d’emprunt, des mots spécialisés et des néologismes.
Les mots prononcés avec “S” sont plus courants en dioula que ceux prononcés avec [ ʃ ]. De ce fait la lettre “Sh” représentant le son [ ʃ ] est abandonnée au profit de la lettre “S”. 7 Exemples :
Shɔ |
sɔsɔ |
= haricot |
Shiyɛ |
sisɛ |
= poulet |
Shu |
suu |
= nuit |
Shi |
sii |
= karité |
L’adoption de la lettre “ɲ” permettra de distinguer dans l’écriture le son [ ɲ ] d’une voyelle nasale VN suivi de la consonne “y” et une voyelle orale VO suivie de la consonne “ɲ”.
Exemples :
VN suivie de y: |
➞ |
= |
Siran + ya |
siranya |
= peur |
Bon + ya |
bonya |
= grosseur |
Soon + ya |
sonya |
= vol |
VN suivi de ɲ : |
||
Kaan + ɲaa |
kanɲa |
= Voix, syllabe |
Biin + ɲaga |
binɲaga |
= foin |
VO suivi de ɲ |
||
Boon + ɲaa |
bonɲa |
= anti-chambre |
Kɔnↄ + ɲa |
kɔnɔɲa |
=nombre de grossesse, de geste |
ɲɔɔ + ɲaga |
ɲɔɲaga |
= drêche de mil. |
L’ordre alphabétique est modifié et de ce fait, on trouvera “c” entre “b et d, j” ; entre “i” et “k”. Pour sa part, “v” viendra s’insérer entre “u” et “w”. Les lettres “gw et kw” bien que ne figurant pas dans l’alphabet sont acceptées dans l’orthographe et considérées comme ne représentant chacune qu’une seule consonne. On admettra que “gw” peut être prononcé [ gb ] ou [ g ] et que “kw” peut être prononcé [ kp ] ou [ k ]
Exemples :
Gwabugu |
= (cuisine) |
peut être prononcé [gbabugu] ou [gabugu]. |
Gwɛrɛ |
= (approcher) |
peut être prononcé [gbɛrɛ] ou [gɛrɛ]. |
Gwata |
= (hangar) |
peut être prononcé [gbata] ou [gata]. |
Kwɛrɛ |
= (métier à tisser) |
peut être prononcé [kpɛrɛ] ou [kɛlɛ] ou encore [kwɛlɛ] |
Il existe en bambara un type assez fréquent de consonnes appelées consonnes prénasalisées. Elles sont habituellement représentées par la lettre “n” suivi d’une consonne.
Les prénasalisées sont généralement simplifiées en dioula et les mots qui les contiennent sont prononcés avec des consonnes simples comme dans les exemples suivants :
| nsiirin | ➞ siirin | conte |
|---|---|---|
nsira |
➞ zira |
cuivre |
nsaban |
➞ zaban |
liane goïne |
nkɔni |
➞ gɔni |
violon |
nkalon |
➞ galon |
mensonge |
ntɔmɔnɔ |
➞ tɔmɔnɔ |
jujube |
Les consonnes simples seront retenues de préférence aux formes prénasalisées comme cela apparaît dans les exemples ci-dessus.
Font exception à cette disposition le “nga” = (mais) et les réponses à une salutation :
-
de la part d’un homme : nbaa
-
de la part d’une femme : nsee
3.2. Les lettres de l’alphabet
L’alphabet dioula comporte 28 lettres représentées ainsi qu’il suit :
- Les minuscules
-
a, b, c, d, e, ɛ, f, g, h, i, j, k, l, m, n, ɲ, ŋ, o, ɔ, p, r, s, t, u, v, w, y, z.
- Les majuscules
-
A, B, C, D, E, Ɛ, F, G, H, I, J, K, L, M, N, Ɲ, Ŋ, O, Ɔ, P, R, S, T, U, V, W, Y, Z.
L’utilisation des majuscules est retenue dans certains cas :
-
en début d’énoncé ;
-
après un point ;
-
à l’initiale des noms propres ;
-
dans les sigles ;
-
chaque fois que de besoin
3.3. Comment épeler les lettres
Pour épeler les lettres de l’alphabet du dioula, on garde aux voyelles leur valeur phonétique et on associe aux consonnes la voyelle neutre [ə].
Tableau des lettres de l’alphabet du dioula
Lettre |
Valeur phonétique |
Epelée |
Exemple |
traduction |
a |
[a] |
a |
ale |
lui |
b |
[b] |
bə |
baba |
papa |
c |
[c] |
cə |
cɛɛ |
l’homme |
d |
[d] |
də |
daba |
la houe |
e |
[e] |
e |
bere |
le bâton |
ɛ |
[ɛ] |
ɛ |
kɛlɛ |
la bagarre |
f |
[f] |
fə |
foro |
Le champ |
g |
[g] |
gə |
galama |
la louche |
h |
[h] |
fə |
hakili |
la mémoire |
i |
[i] |
i |
sigi |
le buffle |
j |
[j] |
jə |
jaba |
l’oignon |
k |
[k] |
kə |
kala |
la tige |
l |
[l] |
lə |
lɛɛ |
le porc |
m |
[m] |
mə |
mɔgɔ |
l’être humain |
n |
[n] |
nə |
nɔnɔ |
le lait |
ɲ |
[ɲ] |
ɲə |
ɲɔɔ |
le mil |
ŋ |
[ŋ] |
ŋə |
ɲuna |
la fontanelle |
o |
[o] |
o |
bolo |
le bras |
ɔ |
[ɔ] |
ɔ |
bɔlɔ |
le piquet |
p |
[p] |
pə |
pan |
sauter |
r |
[r] |
rə |
yɔrɔ |
le lieu |
s |
[s] |
sə |
sanu |
l’or |
t |
[t] |
tə |
tan |
dix |
u |
[u] |
u |
muru |
le couteau |
v |
[v] |
və |
van (ka van) |
s’envoler |
w |
[w] |
wə |
wari |
l’argent |
y |
[y] |
yə |
yan |
ici |
z |
[z] |
zə |
zaban |
3.4. Les consonnes et les voyelles
Les lettres se répartissent en consonnes et en voyelles.
3.4.1. Les consonnes
- Les consonnes sont au nombres de 21
-
b, c, d, f, g, h, j, k, l, m, n, ɲ, ŋ, p, r, s, t, v, w, y, z.
3.4.2. Les voyelles
- Les voyelles sont au nombre de 7
-
a, e, ɛ, i, o, ɔ, u.
- Chacune a une correspondante longue
-
aa, ee, ɛɛ, ii, oo, ɔɔ, uu ;
- une correspondante nasale brève
-
an, en, ɛn, in, on, ɔn, un
- et une correspondante nasale longue
-
aan, een, ɛɛn, iin, oon, ɔɔn, uun.
Seules les voyelles orales brèves apparaissent dans l’alphabet.
3.4.2.1. Les voyelles longues
Pour représenter une voyelle longue, on la double dans l’écriture. La longueur vocalique a une fonction distinctive en dioula : elle sert à marquer une différence de sens entre deux mots. De ce fait, un mot contenant une voyelle longue doit s’écrire toujours avec sa voyelle longue.
Exemples :
baara |
= travail |
bara |
= nombril ; gourde |
seere |
= témoin |
sere |
= kwashiorkor |
fɛɛrɛ |
= technique |
fɛrɛ |
= aisance |
miina |
= étape du Hadj |
mina |
= attraper |
sooro |
= couler |
soro |
= hanche |
kɔɔri |
= coton |
kɔri |
= virgule |
tuuru |
= s’écarter |
turu |
= planter ; huile. |
La longueur vocalique a une fonction expressive. Aussi la voyelle est doublée dans l’écriture.
Exemples :
Caaman |
= très grande quantité (présence de la fonction expressive). |
Fɔɔ |
= très loin, jusqu’à… (présence de la fonction expressive). |
La longueur vocalique peut être le résultat de la chute de la lettre “g” entre deux voyelles. Dans ce cas la consonne “g” sera rétablie à l’écrit.
Exemples :
taa |
➞ taga |
= aller |
waati |
➞ wagati |
= moment |
salibaatɔ |
➞ salibagatɔ |
= paresseux |
taamasiɲɛ |
➞ tagamasiɲɛ |
= signe |
L’on rencontre dans les écrits dɔɔ ; dɔɔw = (certain ; certains) ; sii = (rien, aucun) avec des voyelles redoublées alors que ces mots sont des spécificatifs. On les écrira avec une voyelle brève : dɔ, dɔw et si.
3.4.2.2. Les voyelles nasales
Pour représenter une voyelle nasale ont écrit la voyelle orale suivie de la lettre “n”. Dans l’ordre alphabétique les voyelles nasales sont les suivantes : an, en, ɛn, in, on, ɔn, un,
Comme la longueur, la nasalité des voyelles a une fonction distinctive en dioula. Elle sert à marquer une différence de sens entre deux mots. De ce fait, un mot contenant une voyelle nasale doit s’écrire toujours avec sa voyelle nasale.
Exemples :
sanga |
= funérailles |
saga |
= mouton |
tilen |
= redresser |
tile |
= soleil |
jɛngɛ |
= écarter, incliner |
jɛgɛ |
= poisson |
sinsin |
= panier |
sisi |
= fumée |
kolon |
= mortier |
kolo |
= os |
kɔlɔn |
= puits |
kɔlɔ |
= noix de karité |
sunsun |
= pomme cannelle |
susu |
= piler |
- Note
-
en cas d’hésitation sur le caractère orale ou nasale d’une voyelle dans le mot, il est recommandé de se référer à un lexique ou à un dictionnaire.
Exemples :
a yi jii mi ou a yi jii min ? il/elle a bu l’eau |
adopter “min” |
ni ka gwɛlɛ ou nin ka gwɛlɛ ? ça c’est difficile |
adopter “nin” |
3.5. Les phénomènes d’alternance
Parfois, il arrive qu’un mot ait deux formes et que l’on se demande alors laquelle choisir. La liste de ces mots ne peut être donnée ici de façon exhaustive mais les exemples ci-après peuvent servir de guide.
Prenons les cas d’alternances suivantes :
3.5.1. Alternances des voyelles
a) à l’intérieur des mots
a ~ i : |
fani ou fini |
= habit |
adopter a ou i |
baraka ou barika |
= force bénédiction |
adopter a ou i |
|
walasa ou walisa |
= pour que |
adopter a ou i |
|
walama ou walima |
= ou |
adopter a ou i |
|
a ~ e : |
daali ou deeli |
= demander, prier |
adopter a ou e |
a ~ o : |
malobali ou molobali |
= qui n’a pas honte |
adopter a ou o |
o ~ i : |
tobi ou tibi |
= cuisiner |
adopter o ou i |
i ~ ɛ : |
tigɛ ou tɛgɛ |
= main |
adopter i ou ɛ |
nigɛ ou nɛgɛ |
= fer |
“ |
|
digɛ ou dɛgɛ |
= boule d’akassa |
“ |
|
jigɛ ou jɛgɛ |
= poisson |
“ |
b) En fin de mots
a ~ ɛ |
ɲa ou ɲɛ |
= devant |
adopter a ou ɛ |
mina ou minɛ |
= attraper |
“ |
|
dinga ou dingɛ |
= fossé |
“ |
|
e ~ |
bange ou bangi |
= procréer |
adopter e ou i |
u ~ |
kafu ou kafo |
= additionner |
adopter u ou o |
Ce phénomène peut être expliqué par l’évolution des voyelles plus ouvertes vers les voyelles plus fermées selon la loi du moindre effort. On peut opter d’écrire l’une ou l’autre forme mais dans un souci de cohérence, on écrira toujours la même forme choisie dans le même texte.
3.5.2. Alternance des consonnes
a) En début de mot
l ~ |
lii ou dii |
= miel |
adopter l |
lɔn ou dɔn |
= connaître |
adopter l1, |
|
lo ou do |
= c’est |
“ l |
|
c ~ |
cɛɛ ou kɛɛ |
= homme |
adopter c |
x |
celiya ou keliya |
= jalousie |
“ c |
t ~ |
tiɲɛ ou ciɲɛ |
= vérité |
adopter t |
tiɲɛn ou ciɲɛn |
= abîmer |
“ t |
|
y ~ |
yiran ou jiran |
= frire |
adopter y |
x |
yiri ou jiri |
= arbre |
“ y |
d ~ |
dusu ou jusu |
= coeur |
adopter d |
t ~ |
tile ou kile |
= soleil, jour |
adopter t |
d ~ |
dilan ou gilan |
= réparer |
adopter d |
b) en milieu de mot
r ~ |
barabara ou balabala |
= bouillir |
adopter r |
s ~ |
kunsigi ou kunzigi |
= cheveux |
adopter s |
ɲ ~ |
fiɲɛ ou finyɛ |
= vent |
adopter ɲ |
x |
biɲɛ ou binyɛ |
= foie |
“ ɲ |
x |
biɲɛ ou binyɛ |
= flèche |
“ ɲ |
g ~ |
ɲiningali ou ɲininkali |
= interrogation |
adopter g |
x |
wagati ou wakati |
= moment |
adopter g |
3.6. LA SYLLABE
3.6.1. Les différentes sortes de syllabes
La structure de base de la syllabe en dioula est CV (consonne + voyelle). C’est la raison pour laquelle les mots empruntés à d’autres langues s’y conforment le plus fidèlement possible.
Exemples :
Soo |
= la maison |
Taga |
= pars |
Kile |
= clé |
Un deuxième type de syllabe du dioula est la voyelle. Il se rencontre plus souvent dans les pronoms.
Exemples :
A bɔra |
= il/elle est sorti(e) |
An bɛnna |
= nous nous sommes mis d’accord |
Adama nana |
= Adama est venu |
Arajo Burukina |
= Radio Burkina |
Le troisième type de syllabe que l’on relève en dioula est la nasale syllabique. Elle est représentée dans les différentes formes du pronom de la première personne du singulier et s’écrit invariablement “n” quel que soit son contexte d’apparition.
Exemples :
n bi taga ka na |
= je vais et je reviens |
a yi n weele |
= il m’a appelé |
a y’a di n ma |
= il me l’a donné |
n tilara n ka baara la |
= j’ai fini mon travail |
n fana b’a fɛ |
= moi aussi j’en veux |
3.7. Les groupes de consonnes
Les groupes de consonnes que l’on entend souvent en dioula résultent de la prononciation affaiblie d’une voyelle qui sépare ces consonnes. En ce qui concerne les mots prononcés avec des groupes de consonnes, la forme pleine du mot doit être rétablie à l’écrit par l’insertion de la voyelle. La voyelle à rétablir est “i” si le mot est terminé par i, e, ɛ, ou in, en, ɛn. La voyelle à rétablir est “u” si le mot est terminé par u, o, ɔ, ou un, on, ɔn.
Exemples :
tle |
➞ tile |
= soleil, jour |
tlo |
➞ tulo |
= oreille |
tlɔ |
➞ tulɔ |
= grossir |
flen |
➞ filen |
= sifflet |
tlon |
➞ tulon |
= jeu |
Pour les mots terminés par “a” ou “an”, il peut s’agir de “i” ou de “u” . Il faut dans ce cas se référer à un lexique ou à un dictionnaire.
Exemples :
fla |
➞ fila |
= deux |
fla |
➞ fula |
= peulh |
sra |
➞ sira |
= route |
sran |
➞ siran |
= avoir peur |
fran |
➞ furan |
= balayer |
fra |
➞ fura |
= médicament |
yran |
➞ yiran |
= frire |
4. LES TONS
4.1. Ecrire ou ne pas écrire les tons ?
A l’oral, les tons en dioula permettent de distinguer :
a) Du point de vue sémantique :
-
deux mots qui s’écrivent avec les mêmes lettres ;
-
les mots composés des groupes nominaux ou verbaux comprenant les mêmes éléments.
b) Du point de vue grammatical
-
la forme définie de la forme indéfinie en ce qui concerne les noms.
Compte tenu de ces fonctions des tons, leur notation avait été préconisée dans les règles orthographiques du dioula. Dans la pratique cependant, ces unités n’ont jamais été écrites. Le fait de ne pas écrire les tons ne gêne aucunement les dioulaphones qui apprennent à lire les textes écrits en dioula. Ils parviennent à rétablir les tons dès qu’ils savent reconnaître les lettres.
Par conséquent, les tons ne seront pas écrits dans l’orthographe du dioula. Cependant, pour les ouvrages lexicographiques tels que les dictionnaires et les lexiques généraux ou spécialisés, les tons doivent êtres notés. Dans ces mêmes ouvrages, la voyelle des substantifs monosyllabiques ne doit pas être redoublée.
4.2. Le problème posé par la non représentation des tons
Le fait de ne pas écrire les tons dans l’orthographe entraîne le problème de la distinction entre les pronoms personnels a “il/elle” et “vous”.
Pour résoudre ce problème, on écrira la troisième personne du singulier comme suit : “ a ” sans accent.
Le pronom de la deuxième personne du pluriel s’écrira alors “ á ” avec accent aigu.
On retiendra que le fait de noter la deuxième personne du pluriel par “ á ” est simplement une convention orthographique pour pallier l’absence de l’écriture des tons dans l’orthographe. Ce pronom devra se conformer à cette convention quel que soit son contexte d’apparition à l’écrit et même sous sa forme majuscule.
Exemples :
A y’a weele k’a di yan |
= il l’a appelé pour moi |
Á y’a weele k’a di yan |
= appelez-le moi. |
5. LA FORMATION DES MOTS
5.1. Quelques précisions terminologiques préalables
Il est rare que tous les mots d’une langue soient des unités simples. Certains sont dérivés : les mots dérivés sont formés avec plusieurs unités parmi lesquelles une peut être reconnue comme dérivatif (voir liste des dérivatifs).
D’autres sont composés : les mots composés sont formés avec plusieurs unités reconnaissables comme noms, verbes ou adjectifs.
Les unités simples de la langue qui peuvent être des noms, des verbes, des adjectifs ou des adverbes sont appelées lexèmes.
Le lexème est donc une unité simple, c’est-à-dire une unité qui n’est ni dérivée ni composée. Dans une langue, les lexèmes coexistent avec d’autres unités simples appelées morphèmes.
Les morphèmes sont les unités grammaticales de la langue. Parmi elle, nous avons les dérivatifs, les marques du nom, les marques du verbe, les relateurs, les particules, etc.
En dioula les noms ou les verbes utilisés dans les phrases sont formés à partir d’une base à laquelle est associée une marque soit nominale (indéfini, défini, singulier, pluriel) soit verbal (marque de conjugaison).
-
Une base est simple si elle coïncide avec le lexème.
-
Une base est dérivée si elle comporte un lexème et un ou plusieurs dérivatifs.
-
Une base est composée si elle est formée avec plusieurs lexèmes.
-
Une base est nominale si elle ne peut être associée qu’à des marques du nom.
-
Une base est verbale si elle ne peut être associée qu’à des marques du verbe.
-
Une base est verbo-nominale si elle peut être associée aussi bien à des marques du nom qu’à des marques du verbe sans être préalablement associée à un dérivatif.
-
Les bases verbo-adjectivales du dioula employées dans une phrase sont caractérisées par un couple de marques : ka (affirmatif) / man (négatif)
5.2. La dérivation
La dérivation est un processus de formation des mots. Le mot dérivé est obtenu par l’adjonction à un lexème ou à une base, d’un morphème appelé “dérivatif”.
Qu’il soit placé avant (c’est-à-dire préfixé) ou après (c’est-à-dire suffixé), le dérivatif s’écrit toujours collé au lexème ou à la base.
La liste des dérivatifs les plus fréquents est donnée ci-après. Conventionnellement, on place un tiret après les dérivatifs pour indiquer qu’ils se collent à gauche du terme, c’est-à-dire qu’il sont préfixés. Le tiret est placé avant les dérivatifs qui se collent à droite du terme, c’est-à-dire ceux qui sont suffixés.
5.2.1. Les dérivatifs préfixés
Les dérivatifs préfixés s’ajoutent à des lexèmes ou à des bases verbaux uniquement ; ce sont :
la - |
lataga |
= faire partir |
ma- |
magwɛn |
= poursuivre |
5.2.2. Les dérivatifs suffixés
- baga |
fanikobaga |
= laveur d’habits |
- bali |
malobali |
= impudique |
- ba |
tasaba |
= bassine |
musoba |
= grosse femme |
|
- ci |
tugubagaci |
= qui fait exprès |
janfaci |
= traitre |
|
- ka |
boboka |
= bobolais |
- la ~ na |
bozola |
= territoire bozo |
nagakɔrɔla |
= bas-ventre |
|
farafinna |
= Afrique Noire |
|
- la |
hakilila |
= opinion |
- la |
sɛnɛkɛla |
= agriculteur |
fanikola |
= laveur d’habits |
|
- man |
jiman |
= liquide |
finman |
= noir |
|
- nan |
sabanan |
= troisième |
- nan ~lan |
wusunan |
= encens |
sigilan |
= siège |
|
- ri ~li ~ ni |
tobiri |
= cuisiner |
susuli |
= pilage |
|
danni |
= semis |
|
- nin |
cɛnin |
= bonhomme |
- ta |
santa |
= à acheter |
feereta |
= à vendre |
|
- tan |
waritan |
= qui manque d’argent |
fangatan |
= pauvre, «sans force» |
|
- tɔ |
kɔngɔtɔ |
= affamé |
- ya |
teriya |
= amitié |
- NOTE
-
Les mots dérivés s’écrivent collés aux noms qu’ils déterminent.
5.2.3. Le redoublement
Le redoublement est considéré comme une forme de dérivation. Il consiste en la répétition d’un mot donné. Quand on écrit un mot redoublé, on peut en séparer les parties ou les coller.
5.2.3.1. S’écrivent séparés
Les éléments des mots redoublés s’écrivent séparés lorsque le mot redoublé appartient à une des catégories suivantes : s’ils entrent dans des cas suivants :
-
Adjectifs
Exemples :
nunu ka bon bon |
= ceux-ci sont gros |
jalayiriw ka jan jan |
= les caïlcédrats sont hauts. |
-
Adverbes
Exemples :
joona joona |
= très vite |
dɔɔnin dɔɔnin |
= doucement, petit à petit |
-
Mots indiquant le temps
Exemples :
bii bii nin na |
= actuellement |
fɔlɔ fɔlɔ |
= jadis |
sisan sisan |
= immédiatement |
galen galen |
= jadis |
-
Numéraux
Exemples :
kelen kelen |
= un à un |
duuru duuru |
= cinq par cinq |
fila fila |
= deux par deux ; deux chacun |
tan tan |
= dix par dix ; dix chacun |
En cas de redoublement partiel en ce qui concerne essentiellement les numéraux, on utilisera le trait d’union.
Exemples :
du-duuru |
= cinq par cinq ; cinq à chacun |
na-naani |
= quatre par quatre ; quatre chacun |
wɔ-wɔɔrɔ |
= six par six ; six chacun. |
5.2.3.2. S’écrivent collés
-
Les noms redoublés
Exemples :
wowo |
= beaucoup de trous |
tomitomi |
= pointillés |
ɲamaɲama |
= ordures |
-
Les verbes redoublés
Exemples :
kurukuru |
= faire des boutons à plusieurs endroits |
magamaga |
= bouger |
tɔnitɔni |
= goutter |
sirisiri |
= attacher à plusieurs endroits |
tantan |
= donner des coups de pied. |
-
Les mots ressemblant à des redoublés
Il existe des mots qui présentent la structure des redoublés mais qui ne peuvent pas être segmentés en deux éléments. En fait, la forme répétée n’existe pas seule ou si elle existe, son sens n’est en rien proche de celui de la forme redoublée. Ce type de forme s’écrit en un seul mot.
Exemples :
ka ŋunuŋunu |
= murmurer |
k’a barabara |
= faire bouillir |
k’a kɛnɛkɛnɛ |
= circoncire |
ka yɛrɛyɛrɛ |
= trembler |
ka sɔgɔsɔgɔ |
= tousser |
k’a funfun |
= asperger |
k’a yuguyugu |
= secouer |
k’a kalankalan |
= bigarrer |
sanbɛsanbɛ |
= bonne année |
fɔgɔfɔgɔ |
= poumon |
5.3. La composition
La composition est un processus de formation de mots qui consiste en l’adjonction de deux lexèmes au moins. Les différentes catégories grammaticales du dioula peuvent intervenir dans la formation des bases composées. Les éléments des composés s’écrivent collés en un seul mot. La liste des différents types de bases composées est donnée ci-après avec l’utilisation des abréviations suivantes :
Avant les flèches :
n |
= lexème ou base nominal (e) |
v |
= lexème ou base verbal (e) |
vn |
= lexème ou base verbo-nominal (e) |
Après les flèches :
n |
= base nominale |
v |
= base verbale |
vn |
= base verbo-nominale |
Les types de mots composés
n + n ➞ n
Exemples :
juru + fiyɛ |
➞ jurufiyɛ |
=puisette |
kami + faan |
➞ kamifan |
=œuf de pintade |
saga + sogo |
➞ sagasogo |
=viande de mouton |
siin + jii |
➞ sinji |
=lait maternel |
dugu + tigi |
➞ dugutigi |
=chef de village |
wari + koo |
➞ wariko |
=affaire d’argent |
saga + muso |
➞ sagamuso |
=brebis ; femme au caractère de mouton. |
fɛɛn + gwansan |
➞ fɛngwansan |
=chose de peu de valeur |
lɔgɔ + jalan |
➞ lɔgɔjalan |
=bois sec |
mɔgɔ + sɔbɛ |
➞ mɔgɔsɔbɛ |
=personne honorable |
Awa + fitinin |
➞ Awafitinin |
=Haoua la petite |
Donso + ŋana |
➞ donsoŋana |
=grand chasseur |
n + v ➞ n
Exemples :
deen + wolo |
➞ denwolo |
= procréation |
muso + furu |
➞ musofuru |
= mariage |
soo + boli |
➞ soboli |
= chevauchée |
kurun + dilan |
➞ kurundilan |
= fabrication de pirogues |
kuun + dimi |
➞ kundimi |
= maux de tête |
bɔgɔ + toli |
➞ bɔgɔtoli |
= terre pourrie |
jii + nɔgɔ |
➞ jinɔgɔ |
= eau sale |
ɲɔɔ + tigɛ |
➞ ɲɔtigɛ |
= récolte de mil. |
n + v ➞ v
Exemples :
kɔrɔ |
+ ta |
➞ kɔrɔta |
= soulever (v) |
fura |
+ kɛ |
➞ furakɛ |
= soigner (v) |
ɲaa |
+ fɔ |
➞ ɲafɔ |
= expliquer (v) |
lɔgɔ |
+ la |
➞ lɔgɔla |
n + postposition + n ➞ n
Exemples :
jii + ra + fɛɛn |
➞ jirafɛn |
= aquatique |
bolo + la + nɛgɛ |
➞ bololanɛgɛ |
= bracelet |
su + ra + fɛɛn |
➞ surafɛn |
= pot - de - vin |
dugu + ma + fɛn |
➞ dugumafɛn |
= terrestre |
gaman + kɔrɔ + sii |
➞ gamankɔrɔsi |
= poils d’aisselle. |
n + adj. ➞ n
Exemples :
nɔnɔ + kɛnɛ |
➞ nɔnɔkɛnɛ |
= lait frais |
wulu + jugu |
➞ wulujugu |
= chien méchant |
fanga + fin |
➞ fangafin |
= force pure |
wari + misɛn |
➞ warimisɛn |
= monnaie |
cɛɛ + gwɛ |
➞ cɛgwɛ |
= homme au teint claire |
n + adj. ➞ n
- NOTE
-
S’écrivent séparés les mots suivants :
muso + gwɛma |
➞ muso gwɛman |
= femme de teint claire |
misi + finman |
➞ misi finman |
= bœuf de robe noire |
nɔnɔ + jiman |
➞ nɔnɔ jiman |
= lait liquide ou non concentré |
n +postposition + v ➞ vn
Cette composition ne peut s’appliquer qu’avec des noms qui indiquent une partie du corps humain.
Exemples :
daa + ra + bɔ |
➞ darabɔ |
= provoquer |
kuun + na + la |
➞ kunnala |
= faire des reproches |
bolo + ma + fara |
➞ bolomafara |
= contribution |
ɲaa + ma + lɔ |
➞ ɲamalɔ |
= sérénité |
ɲaa + ma + nɔgɔ |
➞ ɲamanɔgɔ |
= souillure |
n +v ➞ vn
Exemples :
Jakuma + tagama |
➞ jakumatagama |
= adopter une démarche de félin |
fali + bugɔ |
➞ falibugɔ |
= battre comme un âne |
suu + ta |
➞ suta |
= prendre comme un cadavre |
wulu + mina |
➞ wulumina |
= traiter comme un chien |
wulu + bugɔ |
➞ wulubugɔ |
= battre comme un chien |
nɔgɔsi + tagama |
➞ nɔgɔsitagama |
= adopter un démarche de caméléon |
soo + girin |
➞ sogirin |
= adopter un vitesse de cheval au galop |
5.4. Les expressions-mots
Les expressions-mots sont des phrases ou des parties de phrases se comportant comme un mot unique. On les écrit en un seul mot comme le montrent les exemples donnés ci-après : Dans certains de ces expressions-mots, on peut reconnaître un verbe suivi du pronom de la première personne du singulier, ce pronom remplissant la fonction de complément circonstanciel.
Exemples :
Sigi + n+ fɛ |
➞ siginfɛ |
= cohabitant, réfugié |
ton + n + kan |
➞ tonnkan |
= choléra |
bila + n + kɔrɔ |
➞ bilankɔrɔ |
= épargne |
don + n + kɔnɔ |
➞ donnkɔnɔ |
= poison |
fara + n + kan |
➞ farankan |
= additif |
diya + n + ye |
➞ diyanye |
= objet de désire |
jigi + n + na |
➞ jiginna |
= reproche |
see + n + yɛrɛ + kɔrɔ |
➞ senyɛrɛkɔrɔ |
= autosuffisance |
bolo + di + ɲɔgɔn + ma |
➞ bolodiɲɔgɔnma |
D’autres types d’expressions-mots sont des phrases.
A certaines de ces phrases il peut manquer le complément d’objet ou le sujet :
Exemples :
cɛɛ + tɛ + muso + tɛ |
➞ cɛtɛmusotɛ |
= hermaphrodite |
ta + ka + yuguyugu |
➞ takayuguyugu |
= friperie |
don + ka + filɛ |
➞ donkafilɛ |
= friperie |
fɔ + ka + bɛn |
➞ fɔkabɛn |
= entente verbale |
bila + ka + suma |
➞bilakasuma |
= report, repris |
taga + ka + segi |
➞ tagakasegi |
= aller - retour |
jɛɛn + ka + baara |
➞ jɛnkabaara |
= travail de groupe |
bari + ka + wili |
➞ barikawili |
= progrès surprenant |
pan + ka + cun |
➞ pankacun |
= sautillement |
bari + n + na + koo |
➞ barinnako |
= surprise |
saan + fa + dugu + fa |
➞ sanfadugufa |
6. LE NOM
Dans une phrase, le nom peut être sujet ou complément. Il se caractérise par le fait qu’il comporte certains morphèmes que l’on appellera ici marques du nom.
6.1. Les marques du nom
Parmi les diverses marques du nom, seule celle du pluriel se manifeste sous la forme du son [ u ]. Les noms monosyllabiques doublent la voyelle. La marque du singulier et celle de l’indéfini n’ont pas de manifestation particulière. Alors que celle du défini plus subtile, se caractérise par une différence de ton par rapport à celle de l’indéfini.
6.1.1. Les marques de l’indéfini et du défini
Soient les exemples suivants comportant des marques de tons sur les noms :
soo ma ye (ton haut - indéfini) |
= aucun cheval n’a été retrouvé |
soo ma ye (ton modulé - défini) |
= le cheval n’a pas été retrouvé |
muso ti yan (ton haut - indéfini) |
= il n’y a pas de femme ici |
muso ti yan (ton bas - défini) |
= la femme n’est pas ici. |
Il n’apparaît aucune différence orthographique dans l’écriture de ces noms.
6.2. La marque du pluriel
Le pluriel est conventionnellement représenté par “w” dans l’orthographe. Il s’écrit suffixé au nom.
Exemples :
Singulier |
|
Pluriel |
|
soon |
= le voleur |
soonw |
= les voleurs |
misi |
= le bovin |
misiw |
= les bovins |
bese |
= la machette |
besew |
= les machettes |
muso |
= la femme |
musow |
= les femmes |
balan |
= le balafon |
balanw |
= les balafons |
suruku |
= l’hyène |
surukuw |
= les hyènes |
7. LES MOTS COMPARABLES AU NOM
Certains mots de la langue remplissent les mêmes fonctions que les noms sans pour autant en être. Ce sont ces mots que nous considérons comme comparables au nom. Il peut s’agir de pronoms, de mots désignant le temps, le lieu, la manière, etc.
7.1. Les pronoms personnels
Ils s’écrivent comme suit :
| Pronoms simples | Pronoms d’insistance | Singulier | |
|---|---|---|---|
1ere personne |
n |
Nne |
|
2ème personne |
i~ |
e ~ ile ~ ele |
|
3eme personne |
a |
ale |
Pluriel |
1ere personne |
an |
anw |
|
2eme personne |
á |
áw |
|
7.2. D’autres sortes de pronoms
Il existe un certain nombre de mots qui peuvent s’associer au nom mais qui contrairement aux marques, s’écrivent séparés de lui. La plupart de ces mots peuvent être employés seuls comme pronoms et remplir la fonction de sujet ou de complément dans la phrase. Ce sont le démonstratif, le totalisateur, l’indéfini, les interrogatifs, le possessif indépendant, de même que les mots “foyi/fosi, si, wɛrɛ, yɛrɛ, ɲɔgɔn”.
7.2.1. le démonstratif
nin = ce, cet, cette ; celui-ci, celle-ci.
Ce mot a pour pluriel la forme nunu = ces ; ceux-ci, celles-ci.
Exemples :
nin bɔra Bobo |
= celui-ci vient de Bobo |
sanji yi nunu bugɔ |
= la pluie a battu ceux-ci |
jii kɛ nunu kan |
= arrose ceux-ci |
tasa nunu ka bon bon |
= ces assiettes sont grandes. |
7.2.2. Le totalisateur
bɛɛ = tout, tous
ce mot s’écrit avec une voyelle longue. Il garde la même forme au singulier et au pluriel.
Exemples :
bɛɛ ka na |
= venez tous |
muso ye bɛɛ fo |
= la femme a salué tout le monde |
a ye dubabu don bɛɛ ye |
= elle a béni tout le monde |
a ye fani bɛɛ ko |
= il a lavé tous les habits |
a y’a bɛɛ fɔ |
= il a tout dit. |
7.2.3. L’indéfini
dɔ = quelqu’un
Ce mot a pour pluriel dɔw = certains
Exemples :
dɔ nana |
= quelqu’un est venu |
a yi dɔ weele |
= il a appelé quelqu’un |
a y’a fɔ dɔ ye |
= il l’a dit à quelqu’un |
mɔgɔ dɔ lo |
= c’est quelqu’un |
cɛɛ dɔw nana kunu |
= certains hommes sont venus hier. |
7.2.4. Les interrogatifs
Les interrogatifs peuvent être employés seuls comme sujet ou complément, ou être associés à un nom dont ils s’écrivent séparés.
joli ? = combien ?
Exemples :
joli tununa ? |
= combien sont égarés ? |
saga joli tununa ? |
= combien de moutons sont-ils égarés ? |
juman = lequel, laquelle ? jumanw ? = lesquels, lesquelles ?
Exemples :
juman le nana ? |
= lequel est venu ? |
fura juman le bi yen |
= quel médicament y a-t-il ici ? |
mun ? = que ; quoi ?
Exemples :
mun le benna ? |
= qu’est-ce qui est tombé ? |
mun fɛɛnw le bena |
= quelles choses sont-elles tombées ? |
di ? = comment ? ; qu’est-ce que ?
Exemples :
a ko di ? |
= qu’a-t-il dit ? |
cogo di ? |
= de quelles manière ? comment ? |
jɔn ? = qui ? et min ? = où
Ces deux interrogatifs s’emploient toujours seuls comme sujet ou complément.
Exemples :
Jɔn le y’a fɔ ? |
= qui l’a dit ? |
jɔnw le y’a fɔ ? |
= quels sont ceux qui l’on dit ? |
a ye jɔn yira ? |
= qui a-t-il montré ? |
a fɔra jɔn ye ? |
= à qui cela a-t-il été dit ? |
Musa tagara min ? |
= où est allé Moussa ? |
7.2.5. Le pronom possessif indépendant
Le pronom possessif indépendant s’écrit “taa” au singulier et “taaw” au pluriel.
Exemples :
Musa taa lo |
= c’est à Moussa |
nne taaw tununa |
= les miens sont perdus |
ile taa tɛmɛn’a daan kan ! |
= toi, tu dépasses les bornes ! |
7.2.6. Foyi ~ fosi, si
foyi ~ fosi = rien, aucun
Il peut être employé comme sujet ou complément, ou être associé à un nom dont il s’écrit séparé.
Exemples :
foyi ma kɛ |
= rien ne s’est passé |
a ma foyi fɔ |
= il n’a rien dit |
a ma kɛ foyi ye |
= il n’est devenu rien |
mɔbili foyi ma na |
= il n’est venu aucune voiture |
-
Si = aucun
“si” est toujours associé à un nom ou pronom dont il est toujours séparé dans l’écriture.
Exemples :
mɔgɔ si ma na |
= personne n’est venue |
an si ma bɔ |
= aucun de nous n’est sorti. |
7.2.7. Wɛrɛ, yɛrɛ, ɲɔgɔn
wɛrɛ, yɛrɛ, et ɲɔgɔn s’écrivent séparés des mots auxquels ils sont associés
Exemples :
-
wɛrɛ = un autre ; a pour pluriel wɛrɛw = d’autres
loon wɛrɛ an bina kuma |
= nous parlerons un autre jour |
mɔgɔ wɛrɛw fɛ, a bi ten |
= chez d’autres, c’est ainsi. |
-
yɛrɛ = même
fagamancɛ yɛrɛ nana |
= le chef lui-même est venu |
karamɔgɔcɛ yɛrɛ siranna = |
le marabout lui-même prit peur |
-
ɲɔgɔn = semblable
n ka muru ɲɔgɔn san |
= achète un couteau semblable au mien |
i ka fani ɲɔgɔn bi n fɛ |
= j’ai un habit semblable au tien |
7.3. Les mots indiquant le temps, le lieu et la manière
Ces mots peuvent assumer les fonctions de sujet et de complément dans une phrase. Ils ne prennent pas les marques du nom.
-
Temps
salon |
= l’année dernière |
kunu |
= hier |
kɔsa |
= il n’y a pas longtemps |
ɲinan |
= cette année |
bii |
= aujourd’hui |
sisan |
= maintenant |
sini |
= demain |
-
Lieu
yan |
= ici |
yen |
= là-bas |
-
Manière
tan |
= comme ceci |
ten |
= comme cela |
7.4. Les chiffres et les nombres
On choisit de les écrire en lettre ou en chiffres en observant la cohérence dans le même texte. Dans une traduction, il faut se conformer à leur écriture dans le texte de départ. Quand la confusion est possible entre une classe de numéraux, “ani” sera utilisé seulement avant les unités simples.
Exemples :
miliyɔn tan ni duuru |
= |
15.000.000 |
miliyɔn tan ani duuru |
= |
15.000.005 |
8. LE VERBE
Dans une phrase, le verbe est élément central. Il assure la fonction de prédicat. Il est caractérisé par certains morphèmes qu’on appellera ici marques du verbe.
8.1. Les marques du verbe
Les marques placées avant le verbe s’écrivent séparées de lui. Pour sa part la marque “ra” et ses variantes, placées après le verbe s’écrit collée.
8.1.1. Les marques de l’accompli
construction transitive
Affirmatif |
Négatif |
verbe + - ra ~ -la ~ na |
ma + verbe |
Exemples :
a tagara |
= il/elle est parti (e) |
a ma taga |
= il/elle n’est pas parti (e) |
á bolila |
= vous avez couru |
ma boli |
= vous n’avez pas couru |
a benna |
= il/elle est tombé (e) |
a ma ben |
= il/elle n’est pas tomé (e) |
Construction intransitive
Affirmatif |
Négatif |
yi ~ ye + objet + verbe |
ma + objet + verbe |
Exemples :
á yi sogo san |
= vous avez acheté de la viande |
á ma sogo san |
= vous n’avez pas acheté de la viande |
Les formes “yi” ou “ye” peuvent être employées indifféremment mais, par souci de cohérence, il est recommandé de garder la même forme dans le même texte. Cette observation est valable pour toutes les marques qui connaissent une variation entre une forme contenant la voyelle -i- et une forme contenant la voyelle -e-. Il s’agit notamment de: bi ~ be, ti ~ te, bina ~ bena, tina ~ tena.
8.1.2. Les marques de l’inaccompli
-
L’habituel :
Affirmatif |
Négatif |
bi ~ be |
ti ~ te |
Exemples :
a bi na |
= il vient |
a ti na |
= il ne vient pas |
a bi sogo san |
= il achète de la viande |
a ti sogo san |
= il n’achète pas de la viande |
-
Le progressif
Affirmatif |
Négatif |
bi ~ be - ra ~ la ~ na |
ti ~ te - ra ~ la ~ na |
Exemples :
A bi bɔra |
= il est entrain de sortir / |
a ti bɔra |
= il n’est pas entrain de sortir |
A bi fani kora |
= il est entrain de laver un habit / a ti fani kora |
-
Le futur
Affirmatif |
Négatif |
bina ~ bena |
tina ~ tena |
Exemples :
a bina taga |
= il partira |
a tina taga |
= il ne partira pas |
a bina lɔgɔ ci |
= il cassera du bois |
a tina lɔgɔ ci |
= il ne cassera pas du bois |
-
Le projectif
Affirmatif |
Négatif |
Ka |
kana |
Exemples :
(a ko) n ka taga |
= il m’a dit de partir |
(a ko) n kana taga |
= il m’a dit de ne pas partir |
(a ko) n ka soo lɔ |
= il m’a dit de construire (a ko) n kana soo lɔ |
8.1.3. l’impératif :
Affirmatif |
|
Négatif |
1 personne plur. |
ka |
kana |
2 personne plur. |
yi ~ ye |
Exemples :
an ka taga |
= partons ! |
an kana taga |
= ne partons pas ! |
an k’a la |
= couchons-le ! |
an kan’a la |
= ne le couchons pas ! |
á yi taga |
= partez ! |
á kana taga |
= ne le couchez pas ! |
8.1.4. L’optatif
Affirmatif |
Négatif |
Ma … - ra ~ - la ~ - na |
kana |
Ka |
kana |
Exemples :
Ala m’a balora |
= que Dieu lui donne longue vie |
Ala k’a balo |
= que Dieu lui donne une longue vie |
Ala kan’a balo |
= que Dieu ne lui donne pas une longue vie |
8.1.5. Le conditionnel :
mana
Exemples :
a mana kɛ ten…. |
= |
si c’est ainsi… |
a mana mɔgɔ ye…. |
= |
quand il voit quelqu’un….. |
8.1.6. L’inactuel
tun
Exemples :
a tun bɔra |
= il était sorti |
o tun bi ɲɔɔ susura |
= elles pilaient le mil |
tun peut être associé avec les autres marques. Il ne se colle pas à elles ni à aucun autre mot.
Exemples :
a tun kana bɔ |
= il ne fallait pas qu’il sorte |
o tun kana ɲɔɔ susu |
= il ne fallait pas qu’elles pilent le mil. |
8.1.7. Les marques de l’adjectif
On trouve parfois l’expression verbes statifs pour désigner les adjectifs. Les adjectifs ont leurs marques caractéristiques.
Affirmatif |
Négatif |
Ka |
man |
Exemples :
A ka bon |
= il est gros |
a man bon |
= il n’est pas gros |
9. LES PREDICATIFS NOMINAUX
Il est possible de former des phrases ne contenant pas de verbe. On appelle ce type de phrases des phrases nominales. Les marques caractéristiques des phrases nominales sont appelées des indicatifs nominaux. Ils s’écrivent séparés du nom. Les différents prédicatifs nominaux sont donnés ci-après avec des exemples illustratifs.
-
Identification
Affirmatif |
Négatif |
lo |
tɛ |
Exemples :
Musa lo |
= c’est Moussa |
Musa tɛ |
= ce n’est pas Moussa |
-
Egalité
Affirmatif |
Négatif |
yi … ye |
ti … ye |
Exemples :
Sebe yi yiri ye |
sebe ti yiri ye |
Le rônier est un arbre |
le rônier n’est pas un arbre. |
-
Localisation
Affirmatif |
Négatif |
bi ~ be |
ti ~ te |
Exemples :
Banba bi jii ra |
banba ti jii ra |
Le caïman est dans l’eau |
le caïman n’est pas dans l’eau |
Dans certains contextes l’archiverbal bɛ est admis.
Exemples :
Nɛnɛ bɛ |
= il fait froid |
Funteni bɛ |
= il fait chaud |
Hɛɛrɛ bɛ ? |
= comment ça va ? |
10. LES ADVERBES
En parlant d’adverbe, nous nous en tiendrons à l’étymologie de ce mot c’est-à-dire ce qui s’ajoute au verbe ou le complète. Dans cette catégorie de mots, on relève des formes simples et des formes redoublées. Formes simples
Exemples :
a tagara suwɛyi |
= il est parti à la sauvette |
a y’a ta yewu |
= il l’a pris correctement |
a y’a ta cɔ |
= c’est lui exactement qui l’as pris |
a sɛbɛn kudayi |
= écris toujours |
a dumu faasi |
= mange sans problème |
Formes redoublées (1er cas)
Exemples :
kalo gwɛra pasi pasi |
= la lune est très claire |
saan finna ti ti ti |
= le ciel s’est vraiment assombri |
daga fara tewu tewu |
= le canaris est très plein |
jii sumana tɔn tɔn |
= l’eau est très fraîche |
baara gwanna pa pa pa |
= le travail est très chaud |
Dans le cas contraire, l’élément répété s’écrit en un seul mot.
Formes redoublée (2e cas)
Exemples :
ko nin kɛra ten tigitigi |
= ça s’est passé exactement comme çà. |
a ye baara nin walowalo |
= il a fait ce travail avec agilité. |
11. LES IDEOPHONES
Les idéophones sont des mots qui évoquent d’une façon imaginée un bruit ou un mouvement. Certain appartiennent à la catégorie des adverbes et sont de ce fait appelés des adverbes idéophoniques. Ils posent souvent des problèmes de traduction parce qu’ils sont propres à la langue qui les utilise et ne connaissent pas forcément d’équivalents dans une autre langue. D’autres idéophones trouvent leur place parmi les noms ou les verbes. Les idéophones s’écrivent en un seul mot.
Exemples :
-
titati
-
kirikara
-
wowawo
-
giribigaraba
-
vɛlɛkɛvɛlɛkɛ
-
yuruguyurugu
-
mulukumɛlɛkɛ
-
zogolozogolo
-
onaw.
12. LES MORPHENES RELATEURS
Les morphèmes relateurs sont des unités grammaticales qui interviennent pour relier deux mots, deux groupes de mots ou deux phrases entre eux. Ils s’écrivent séparés des formes qu’ils relient.
12.1. Les prépositions et les postpositions
Les prépositions et les postpositions relient un complément circonstanciel et un verbe.
12.1.1. Les prépositions
Fɔɔ = jusqu’à ; sauf
Exemples :
A tagara fɔɔ Bobo |
= il est allé jusqu’à Bobo |
Dunancɛ yi dumuni kɛ fɔɔ ka fa |
= l’étranger mangea à satiéter |
O tagamana ka taga fɔɔ dugu nana gwɛ |
= ils/elles marchèrent jusqu’au lever du jour |
Bɛɛ nana fɔɔ Maadu |
= tous sont venus sauf Madou |
-
kabini ~ kabi = depuis
Exemples :
A bɔra kabini sɔgɔma |
= il/elle est sorti(e) depuis le matin |
Kabi o kɛra |
= depuis que cela s’est passé… |
12.1.2. Les postpositions
-
ma
Exemples :
A yi wari di Musa ma |
= |
il/elle a donné de l’argent à Moussa |
A ko, an ma ko an kana sigi |
= |
il nous a dit de ne pas nous asseoir. |
-
ye
Exemples :
sebe yi yiri ye |
= le rônier est un arbre |
bana le yi mɔgɔ jugu ye |
= c’est la maladie qui est l’ennemi de l’homme |
-
fɛ
Exemples :
A tagara Musa fɛ |
= elle est allée chez Moussa |
sukaro bi n fɛ |
= j’ai du sucre |
-
ra ~ la ~ na
Exemples :
a la tile ra |
= étales-le au soleil |
a bɔra foro la |
= il vient du champ |
a don suma na |
= mets-le à l’ombre |
- NOTE
-
la forme la plus fréquente en dioula est ra
12.2. Les noms relationnels
Il arrive qu’un mot généralement un nom de partie du corps humain, soit employé pour jouer le rôle de postposition. On parle de nom relationnel ou de non fonctionnalisé.
Liste des mots susceptibles de remplir le rôle de postposition :
Sens en tant que postposition
bolo |
dans, chez |
cɛ |
milieu, entre, parmi |
kan |
sur, dessus |
kɔ |
derrière, après |
kɔnɔ |
dans |
kɔrɔ |
à proximité |
kun |
sur, avec |
ɲa |
devant, avant |
lorsqu’un mot susceptible de remplir le rôle d’une postposition est suivi d’une postposition, les deux s’écrivent collés.
ɲa + fɛ |
➞ ɲafɛ : |
taga ɲafɛ |
= va devant |
ɲa + na |
➞ ɲana : |
a kɛra n ɲana |
= cela s’est passé en ma présence |
kan + ma |
➞ |
kanma : |
o le kanma |
= c’est pour cela |
ju + kɔrɔ |
➞ jukɔrɔ : |
a bi yiri jukɔrɔ |
= il est sous l’arbre |
kɔnɔ + na |
➞ kɔnɔna : |
don kɔnɔna |
= entres |
kun + cɛ |
➞ kuncɛ : |
a bi kuru kuncɛ |
= il se trouve au sommet de la montagne |
cɛ + ma |
➞ cɛma : |
a donna mɔgɔw cɛma |
= il s’est mêlé à la foule |
cɛ + ra |
➞ cɛra : |
a siginin lo a deenw cɛra |
= il est aussi parmi ses enfants |
kun + fɛ |
➞ kunfɛ : |
a bi kuma a kunfɛ |
= il parle sans faire attention |
kun + na |
➞ kunna : |
a bi an kunna |
lorsqu’une postposition succède aux formes suivantes : nɔɔ = trace ; seen = pied ; gɛrɛn = côté ; faan = direction : elles s’écrivent séparée.
Exemples :
nɔɔ + fɛ = |
➞ nɔɔ fɛ |
= à la suite de, à cause de |
seen + fɛ = |
➞ seen fɛ |
= à l’occasion de |
gɛrɛn +na = |
➞ gɛrɛn na |
= près de, à côté de |
faan + fɛ = |
➞ faan fɛ |
= vers, en direction de, en ce qui concerne. |
12.3. Le relatif et les conjonctions
Le relatif et les conjonctions relient deux propositions.
12.3.1. Le relatif
min = qui, que
Ce mot est indéfini, il peut aussi prendre la marque du pluriel.
Exemples :
mɔgɔ min nana |
= la personne qui est venue |
mɔgɔ minw nana |
= les personnes qui sont venues |
Fanta ye tagafe min san |
= le pagne que Fanta a acheté. |
12.4. Les conjonctions
barisa ~ bari |
= parce que |
bawo |
= car |
kasɔrɔ ~ kamasɔrɔ = |
alors que |
minkɛ |
= du fait |
nasɔrɔ |
= peut-être |
nga |
= mais |
sabu |
= parce que |
sango ~ jango |
= pour que |
yanni ~sanni |
= avant de, au lieu de. |
12.5. Les coordinatifs
Les coordinatifs relient deux mots ou deux propositions.
ni ~ ani |
= et |
ni … ye |
= avec |
walima ~waa |
= ou bien |
“ka” sert à relier des verbes ayant le même sujet. La voyelle finale de “ni” ou “ani” peut être élidée lorsque ces mots sont suivis d’un pronom autre “n” première personne du singulier.
Exemples :
Kalifa nana ni a ka nɛgɛso ye |
= Kalifa a amené son vélo |
Watara ni ale le be yen |
= c’est Ouattara et lui qui y sont. |
12.6. Le connectif et le distributif
Le connectif et le distributif servent à relier deux noms dans le groupe nominal.
12.6.1. Le connectif
ka ~ ta = pour, appartement à
Exemples :
deen ka fani |
= l’habit de l’enfant |
a ka fani |
= son habit |
12.6.2. Le distributif
o = quel que soit…, quelque…, que, chaque
Les noms placés de part et d’autres de ce mot sont à la forme indéfinie.
Exemples :
mɔgɔ o mɔgɔ |
= quelle que soit la personne |
deen o deen |
= quel que soit l’enfant |
juma o juma |
= chaque vendredi. |
13. LES PARTICULES
Les particules sont des morphèmes qui se surajoutent à des structures déjà formées (noms, verbes ou phrases) pour exprimer une valeur d’insistance, d’interrogation ou d’exclamation. Elles s’écrivent séparées des structures qu’elles accompagnent;
13.1. Les particules
le ~ lo |
muso le y’a fɔ |
= c’est la femme qui l’a dit |
fana |
a yi fani fana san |
= elle a aussi acheté l’habit |
dɔrɔn |
a fɔ dɔrɔn |
= dis le seulement |
kɔni |
a yi nin nɛnɛ kɔni |
= elle a effectivement goûté cela |
yɛrɛ |
a ma sɔn yɛrɛ |
= elle n’a même pas accepté |
hali |
hali n’i ma sɔn |
= même si tu n’es pas d’accord |
jaati |
o kɛra jaati |
= cela s’est vraiment passé |
dun |
ele dun ko di ? |
= qu’en dis-tu alors, toi ? |
13.2. Les particules d’exclamation
dɛ |
o to tan dɛ ! |
= laisse donc ainsi ! |
kɛ |
na ni fani ye kɛ ! |
= amène donc l’habit ! |
sa |
a bɛɛ fɔ sa ! |
= dis tout donc ! |
koyi |
a ma kuma koyi ! |
= il n’a pas parlé hein ! |
wɛ |
a fɔra wɛ |
= cela a été dit, voyons ! |
haan |
a sɔnna haan ! |
= elle a osé accepter ! |
jaa |
jaa, an tor’a ra ! |
13.3. Particules d’interrogation
kɔni kɔni baba ka kɛnɛ ? |
= Papa serait-il en bonne santé ? |
wa |
i bi taga wa ? |
= t’en vas-tu ? |
wa |
a nana wa ? |
= est-il vraiment là ? |
do |
somɔgɔw do ? |
= comment vont les gens de la famille ? |
yala yala a ma na ? |
14. L’ELISION DES VOYELLES ET L’EMPLOI DE l’APOSTROPHE
L’élision se produit quand deux voyelles appartenant à des mots différents se retrouvent en contact. La première voyelle est élidée et remplacée par une apostrophe et les deux mots se retrouvent à former pratiquement un mot.
Exemples :
an y’o weele ka dɛsɛ |
= nous les avons appelés en vain |
u nana n’u ka nigɛsow ye |
= il ont amené leurs vélos. |
Seules les voyelles finales des marques des verbes et celles des coordinatifs ni, ani pourront être élidées dans l’orthographe. Les voyelles finales des verbes monosyllabiques seront maintenues mêmes si à l’oral on observe une élision.
Exemples :
a fɔ u ye u ka taga |
= dis-leur de partir |
valisi nin ta a ye |
= prend cette valise pour lui |
On notera que dans les deux derniers exemples, les voyelles des verbes monosyllabiques fɔ et ta ne sont pas élidées.
Exemples :
Tɛmɛ an fɛ |
= passe chez nous |
ou |
tɛm’an fɛ |
a tun fɔra u ye |
= on le leur avait dit |
ou |
a tun fɔr’u ye |
15. QUELQUES POINTS D’ORTHOGRAPHE D’USAGE
Sous cette rubrique, sont abordés divers points à propos desquels on peut relever des divergences orthographiques. Il s’agit donc d’aboutir à une harmonisation dans l’écriture de ces mots ou expressions.
15.1. Ecrire collé ou séparé ?
Les éléments suivants posent parfois des problèmes d’écriture. On les représentera comme suit :
15.1.1. En un seul mot
damanin ~ daman |
= un certain nombre |
dɔwɛrɛ |
= un autre |
kabini ~ kabi |
= depuis ; depuis |
kasɔrɔ ~ kamasɔrɔ |
= alors que |
kojugu |
= trop |
kokura |
= à nouveau |
koɲuman |
= bien |
kosɔbɛ |
= beaucoup |
kɔlɔkɔlɔ |
= sans importance |
minkɛ |
= après |
naganaga |
= sans raison |
nasɔrɔ |
= peut-être |
sanfɛ |
= en haut |
duguma |
= par terre |
dara |
= proximité |
furancɛ |
= entre ; au milieu |
cɛmancɛ |
= milieu |
kuncɛ |
= sommet |
sɔbɛkɔrɔ |
= très bien |
15.1.2. en séparant les éléments
bi yen = il y a ; y est. Comme par exemple dans : u bi yen wa ?= sont-ils présents ?
i n’a fɔ |
= comme |
i ko |
= comme |
jɔn ko Ala |
= en vérité, de grâce |
k’a la a kan |
= sur cette base |
15.2. Les emprunts
Pour écrire les emprunts (noms communs ou noms propres), on utilisera les lettres de l’alphabet dioula et on veillera au respect de la structure syllabique CV. Il faut se rappeler que ces lettres ne se prononcent pas toujours de la même façon dans d’autres langues Jean-Paul et Alexis par exemple doivent subir cette modification avant de figurer dans un texte en dioula. On aura de fait : Zanpoli et Alɛkisi.
Autres exemples d’emprunts :
Mots en français |
Mots en dioula |
Courroie |
= kuruwa |
Calendrier |
= kalandiriye |
Ecrou |
= ekuru |
Marie |
= Maari |
Clémentine |
= Kelemantini |
Burkina |
= Burukina |
Sénégal |
= Sɛnɛgali |
=== Les néologismes |
Le dioula partage souvent les mêmes néologismes avec le bambara. Dans le cas où il existe une possibilité de réalisation typiquement dioula, il faut veiller au choix des lettres en se conformant aux alternances mentionnées au chapitre 1.2.
Exemples :
dafalen |
➞ dafanin |
= voyelle |
samalen |
➞ samanin |
= allongé |
dolonin |
➞ lolonin |
= astérisque |
Etc. |
15.3. Les sigles
Les sigles sont à considérer comme des noms propres. Ils seront écrits avec des majuscules sous leur forme en langue étrangère suivie de la façon de les écrire en dioula entre parenthèses.
Exemples :
PNUD |
(Pinidi) |
ONU |
(Oni) |
CRPA |
(Sɛrɛpeya) |
UNESCO |
(Inɛsiko) |
MEBA |
(Meba) |
Lorsque le sigle apparaît pour la première fois dans un texte, on peut l’expliquer. Il faut opter de représenter les sigles soit sous leur forme en langue étrangère, soit sous leur forme en dioula et s’en tenir à la même option dans le même texte.
15.4. la date
Pour écrire la date on fera suivre l’année du nom du mois puis du quantième. Le nom du jour peut se placer avant ou après ces éléments.
Exemples :
Lamusalon, saan 1998, sumanmɔkalo, tile 3 ou saan 1998, sumanmɔkalo tile 3, lamusalon. jeudi le 3 septembre 1998.
15.5. Les mois
sanyɛlɛmakalo |
= janvier |
foonɛnɛkalo |
= février |
funtenikalo |
= mars |
funtenibakalo |
= avril |
samiɲadonkalo |
= mai |
dannikalo |
= juin |
samiɲakalo |
= juillet |
cɔcɔkalo |
= août |
sumanmɔkalo |
= septembre |
samiɲalabankalo |
= octobre |
sumanladonkalo |
= novembre |
sanlabankalo |
= décembre |
15.6. Les jours de la semaine
tɛnɛ |
= lundi |
tarata |
= mardi |
araba |
= mercredi |
lamusa |
= jeudi |
juma |
= vendredi |
sibiri |
= samedi |
kari, haati, dimansi |
= dimanche |
15.7. Les points cardinaux
kɔrɔn ~ tilebɔ |
= Est |
tileben |
= Ouest |
kɔgɔdugu |
= Nord |
worodugu |
= Sud |
tilesenkuncɛ |
= zénith |
16. INSERTION DES CITATIONS
On écrira entre guillemets la traduction proposée en langue nationale pour un passage cité. Après avoir fermé les guillemets délimitant la citation, on écrira un petit chiffre en haut.
Exemple : traduction en dioula²
Le même chiffre sera repris en bas de page ou à la fin du document suivi de la version originale.
17. QUELQUES ABREVIATIONS
Les formes ci-après sont retenues comme équivalent aux abréviations usuelles que l’on relève dans les écrits ;
lire |
Etc. |
= onaw |
o n’a ɲɔgɔnnaw |
Cf. |
= atf |
a ye tag’a filɛ |
N.B. |
= Jt |
jantoli |
1er |
= 1 lɔ |
fɔlɔ |
2e |
= 2nan |
filanan |
Remarques: sera traduit en dioula par kɔrɔsili
18. LES SIGNES DE PONCTUATION
Les signes de ponctuation devront être utilisés d’une façon adéquate dans les écrits en dioula. Ils reçoivent en dioula les dénominations données ci-après en face des mots français présentés dans l’ordre alphabétique (les articles ne sont pas pris en comptes pour cet ordre).
L’accent |
= tintinnan |
Les accolades |
= kɔnkɔnw |
L’alinéa |
= sirakura |
L’astérisque |
= lolonin |
Les crochets |
= sinsabaw |
Deux points |
= tomi filaw |
Les guillemets |
= kɔnkɔnliw |
Les parenthèses |
= sinsanninw/ kalaninw |
Le point |
= tomi |
Le point d’exclamation |
= kabalitomi |
Le point d’interrogation |
= ɲiningalitomi |
Les pointillés |
= tomininw / tomi tomiw |
Les points de suspension |
= tomi saba |
Le point-virgule |
= tomi ni kɔri |
Le tiret |
= cinin |
Le trait d’union |
= daɲɛkɔnɔci |
La virgule |
= kɔri |
== IDENTIFICATION DES DOCUMENTS |
Compte tenu du nombre écrits en langues nationales, tout document publié gagnerait à être désormais mieux identifié. Pour ce faire on fournira les informations suivantes :
-
Titre du document ;
-
Editeur ;
-
Lieu de l’édition ;
-
Année de l’édition ;
-
Nombre de volumes ;
-
Nom et prénom (s) du / des traducteur (s) ;
-
Nom et prénom (s) de l’auteur ou des auteurs ;
-
Numéro d’édition ;
-
Indication de la langue.
- NOTE
-
une bibliographie ne se traduit pas en langue nationale.
19. ANNEXE
Ont participé à la finalisation de ce document :
-
DRAME Tidiani Bobo-Dioulasso
-
SOULAMA Ibrahim Bobo-Dioulasso
-
GOUO Jean Bobo-Dioulasso
-
HEMA Tiegbè Bobo-Dioulasso
-
HIEBIE Dramane Alphonse Banfora
-
TRAORE Alfred Orodara
-
TRAORE Madani Nouna
-
DESSA Dédougou
-
DRAME Adama Ouagadougou
-
HIEN Grégoire Ouagadougou
Test
Les superviseurs (5), animateurs (17), auditeurs (4) de centre d’alphabétisation de la région de Bobo-Dioulasso (village de Tondogosso), et de la région de Dédougou ont été le public cible auprès duquel le présent document a été testé.