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GUIDE DE TRANSCRIPTION ORTHOGRAPHIQUE DU DIOULA

Guide de transcription orthographique du dioula

Table des matières
  • INTRODUCTION
  • CONVENTIONS
  • ABREVIATIONS
  • LES PREDICATIFS NOMINAUX
  • LES ADVERBES
  • LES IDEOPHONES
  • L’ELISION DES VOYELLES ET L’EMPLOI DE l’APOSTROPHE
  • INSERTION DES CITATIONS
  • QUELQUES ABREVIATIONS
  • LES SIGNES DE PONCTUATION
  • ANNEXE

Burkina Faso Unité Progrès Justice

(Version définitive)

Réalisé avec le concours financier du Programme Alpha de la Coopération Suisse au Développement

INTRODUCTION

La sous-commission nationale du dioula a organisé du 27 août au 5 septembre 1998 à Ouagadougou un séminaire de révision des règles de transcription orthographiques du dioula avec l’appui financier du Programme Alpha de la Coopération Suisse au développement. Durant dix (10) jours, les séminaristes avec l’appui de professeurs Linguistes de l’Université de Ouagadougou ont élaboré des nouvelles règles de transcription orthographiques du dioula. Ces nouvelles règles ont été multipliées et diffusées auprès des utilisateurs pour être testées. Les différents tests qui ont été effectués, ont révélé un certain nombre de difficultés dans la mise en application de ces nouvelles règles.

Aussi, les responsables de la sous-commission ont jugé nécessaire qu’une relecture soit faite en vue d’harmoniser et de finaliser les nouvelles règles. Une fois de plus avec le concours financier du Programme Alpha de la Coopération Suisse au Développement, il a été organisé un atelier de relecture, qui s’est déroulé du 4 au 6 septembre 2000 au CRPA des Hauts Bassins à Bobo- Dioulasso.

A la suite de cette relecture des tests ont été organisés au niveau de trois zones à savoir Bobo- Dioulasso, Banfora-Orodara et Dédougou-Nouna. Ces tests ont été effectués auprès des superviseurs, des animateurs de centres d’alphabétisation, des auditeurs de centre d’alphabétisation ainsi qu’auprès d’un certain nombre d’utilisateurs du Dioula. Le présent document est le résultat de tous ces travaux qui de façon concertée a été retenus par les différents acteurs.

Dans le processus de test et de validation, nous avons rencontré des difficultés organisationnelles qui très sensiblement ont retardé la sortie du présent document. En effet, l’attente des résultats du test de la zone de Banfora-Orodara ne nous a pas permis de sortir à temps le fruit du travail attendu par tous.

Nous remercions le Programme Alpha de la Coopération Suisse au Développement qui a bien voulu nous soutenir financièrement dans cette activité dont le résultat était très attendu par les scripteurs.

Nous leur présentons très sincèrement notre regret pour ce grand retard indépendant de notre bonne volonté

A tous les utilisateurs de ce document, nous leur souhaitons un très bon usage.

CONVENTIONS

Outre les abréviations habituelles telles que cf., etc., N.B. : les conventions suivantes sont employées dans le présent Guide.

+
“associé à”
“devient”
Exemple : n + n
“n associé à n”
Exemple : nsiirin ➞ siirin
“nsiirin devient siirin”
“devient”
Exemple : siran + ya ➞ siranya
“siran associé à ya devient siranya”
=
Traduction en français
Exemple : soo = la maison
(soo est traduit par “la maison”)
( )
:
1) Précisions complémentaires

Exemples : CV (Consonne + voyelle) CV c’est-à-dire consonne associée à voyelle

Nbaa (réponse masculine à salutation)

Nsee (réponse féminine à salutation)

2) Indication du choix à opérer

Exemple : Ni ka gwɛlɛ ou nin ka gwɛlɛ ? (Nin). Faut-il écrire Ni ka gwɛlɛ ou Nin ka gwɛlɛ ? (Ecrire Nin)

3) Elément à ajouter ou à supprimer en fonction de l’accord

Exemple : il/elle est sorti (e) / il est sorti ou elle est sortie.

[ ] Prononciation ; transcription phonétique

Exemple : gwabugu=cuisine [ gbabugu ] ou [ gabugu ]

/
ou

Exemple : il/elle il ou elle

~
Autre forme ou autre prononciation d’un mot

Exemple : yi ~ ye yi ou encore ye.

ABREVIATIONS

Adj.
adjectif
C
consonne
E
énoncé
N
lexème ou base nominal (e)
V
voyelle
v
lexème ou base verbal (e)
VN
voyelle nasale
vn
lexème ou base verbo-nominal (e)
VO
voyelle orale

DE L’ORTHOGRAPHE DU DIOULA

Il est convenu que dans un texte français on écrira désormais dioula et que la forme jula figurera exclusivement dans les textes en dioula.

l’alphabet du dioula

L’alphabet est l’ensemble des lettres retenues pour l’écriture orthographique d’une langue donnée. Par rapport à la décision N°367/ENC/CNU du 27 juillet 1973, l’alphabet du dioula subit quelques modifications qui sont l’ajout de la lettre « V », l’abandon de la lettre « sh » au profit de la lettre « S » et le remplacement de la lettre “ny” par la lettre “ɲ”

La lettre “V” a été ajoutée compte tenu de son existence en dioula dans certains mots et aussi sa fréquence de plus en plus élevée dans les mots d’emprunt, des mots spécialisés et des néologismes.

Les mots prononcés avec “S” sont plus courants en dioula que ceux prononcés avec [ ʃ ]. De ce fait la lettre “Sh” représentant le son [ ʃ ] est abandonnée au profit de la lettre “S”.

Exemples :

Shɔ
sɔsɔ
= haricot
Shiyɛ
sisɛ
= poulet
Shu
suu
= nuit
Shi
sii
= karité

L’adoption de la lettre “ɲ” permettra de distinguer dans l’écriture le son [ ɲ ] d’une voyelle nasale VN suivi de la consonne “y” et une voyelle orale VO suivie de la consonne “ɲ”.

Exemples :

VN suivie de y:
=
Siran + ya
siranya
= peur
Bon + ya
bonya
= grosseur
Soon + ya
sonya
= vol
VN suivi de ɲ :
Kaan + ɲaa
kanɲa
= Voix, syllabe
Biin + ɲaga
binɲaga
= foin
VO suivi de ɲ
Boon + ɲaa
bonɲa
= anti-chambre
Kɔnↄ + ɲa
kɔnɔɲa
=nombre de grossesse, de geste
ɲɔɔ + ɲaga
ɲɔɲaga
= drêche de mil.

L’ordre alphabétique est modifié et de ce fait, on trouvera “c” entre “b et d, j” ; entre “i” et “k”. Pour sa part, “v” viendra s’insérer entre “u” et “w”. Les lettres “gw et kw” bien que ne figurant pas dans l’alphabet sont acceptées dans l’orthographe et considérées comme ne représentant chacune qu’une seule consonne. On admettra que “gw” peut être prononcé [ gb ] ou [ g ] et que “kw” peut être prononcé [ kp ] ou [ k ]

Exemples :

Gwabugu
= (cuisine)
peut être prononcé [gbabugu] ou [gabugu].
Gwɛrɛ
= (approcher)
peut être prononcé [gbɛrɛ] ou [gɛrɛ].
Gwata
= (hangar)
peut être prononcé [gbata] ou [gata].
Kwɛrɛ
= (métier à tisser)
peut être prononcé [kpɛrɛ] ou [kɛlɛ] ou encore [kwɛlɛ]

Il existe en bambara un type assez fréquent de consonnes appelées consonnes prénasalisées. Elles sont habituellement représentées par la lettre “n” suivi d’une consonne.

Les prénasalisées sont généralement simplifiées en dioula et les mots qui les contiennent sont prononcés avec des consonnes simples comme dans les exemples suivants :

nsiirin
➞ siirin
conte
nsira
➞ zira
cuivre
nsaban
➞ zaban
liane goïne
nkɔni
➞ gɔni
violon
nkalon
➞ galon
mensonge
ntɔmɔnɔ
➞ tɔmɔnɔ
jujube

Les consonnes simples seront retenues de préférence aux formes prénasalisées comme cela apparaît dans les exemples ci-dessus.

Font exception à cette disposition le “nga” = (mais) et les réponses à une salutation :

  • de la part d’un homme : nbaa
  • de la part d’une femme : nsee

Les lettres de l’alphabet

L’alphabet dioula comporte 28 lettres représentées ainsi qu’il suit :

Les minuscules
a, b, c, d, e, ɛ, f, g, h, i, j, k, l, m, n, ɲ, ŋ, o, ɔ, p, r, s, t, u, v, w, y, z.
Les majuscules
A, B, C, D, E, Ɛ, F, G, H, I, J, K, L, M, N, Ɲ, Ŋ, O, Ɔ, P, R, S, T, U, V, W, Y, Z.

L’utilisation des majuscules est retenue dans certains cas :

  • en début d’énoncé ;
  • après un point ;
  • à l’initiale des noms propres ;
  • dans les sigles ;
  • chaque fois que de besoin

Comment épeler les lettres

Pour épeler les lettres de l’alphabet du dioula, on garde aux voyelles leur valeur phonétique et on associe aux consonnes la voyelle neutre [ə].

Tableau des lettres de l’alphabet du dioula

Lettre
Valeur phonétique
Epelée
Exemple
traduction
a
[a]
a
ale
lui
b
[b]
baba
papa
c
[c]
cɛɛ
l’homme
d
[d]
daba
la houe
e
[e]
e
bere
le bâton
ɛ
[ɛ]
ɛ
kɛlɛ
la bagarre
f
[f]
foro
Le champ
g
[g]
galama
la louche
h
[h]
hakili
la mémoire
i
[i]
i
sigi
le buffle
j
[j]
jaba
l’oignon
k
[k]
kala
la tige
l
[l]
lɛɛ
le porc
m
[m]
mɔgɔ
l’être humain
n
[n]
nɔnɔ
le lait
ɲ
[ɲ]
ɲə
ɲɔɔ
le mil
ŋ
[ŋ]
ŋə
ɲuna
la fontanelle
o
[o]
o
bolo
le bras
ɔ
[ɔ]
ɔ
bɔlɔ
le piquet
p
[p]
pan
sauter
r
[r]
yɔrɔ
le lieu
s
[s]
sanu
l’or
t
[t]
tan
dix
u
[u]
u
muru
le couteau
v
[v]
van (ka van)
s’envoler
w
[w]
wari
l’argent
y
[y]
yan
ici
z
[z]
zaban

Les consonnes et les voyelles

Les lettres se répartissent en consonnes et en voyelles.

Les consonnes

Les consonnes sont au nombres de 21
b, c, d, f, g, h, j, k, l, m, n, ɲ, ŋ, p, r, s, t, v, w, y, z.

Les voyelles

Les voyelles sont au nombre de 7
a, e, ɛ, i, o, ɔ, u.
Chacune a une correspondante longue
aa, ee, ɛɛ, ii, oo, ɔɔ, uu ;
une correspondante nasale brève
an, en, ɛn, in, on, ɔn, un
et une correspondante nasale longue
aan, een, ɛɛn, iin, oon, ɔɔn, uun.

Seules les voyelles orales brèves apparaissent dans l’alphabet.

Les voyelles longues

Pour représenter une voyelle longue, on la double dans l’écriture. La longueur vocalique a une fonction distinctive en dioula : elle sert à marquer une différence de sens entre deux mots. De ce fait, un mot contenant une voyelle longue doit s’écrire toujours avec sa voyelle longue.

Exemples :

baara
= travail
bara
= nombril ; gourde
seere
= témoin
sere
= kwashiorkor
fɛɛrɛ
= technique
fɛrɛ
= aisance
miina
= étape du Hadj
mina
= attraper
sooro
= couler
soro
= hanche
kɔɔri
= coton
kɔri
= virgule
tuuru
= s’écarter
turu
= planter ; huile.

La longueur vocalique a une fonction expressive. Aussi la voyelle est doublée dans l’écriture.

Exemples :

Caaman
= très grande quantité (présence de la fonction expressive).
Fɔɔ
= très loin, jusqu’à…​ (présence de la fonction expressive).

La longueur vocalique peut être le résultat de la chute de la lettre “g” entre deux voyelles. Dans ce cas la consonne “g” sera rétablie à l’écrit.

Exemples :

taa
➞ taga
= aller
waati
➞ wagati
= moment
salibaatɔ
➞ salibagatɔ
= paresseux
taamasiɲɛ
➞ tagamasiɲɛ
= signe

L’on rencontre dans les écrits dɔɔ ; dɔɔw = (certain ; certains) ; sii = (rien, aucun) avec des voyelles redoublées alors que ces mots sont des spécificatifs. On les écrira avec une voyelle brève : dɔ, dɔw et si.

Les voyelles nasales

Pour représenter une voyelle nasale ont écrit la voyelle orale suivie de la lettre “n”. Dans l’ordre alphabétique les voyelles nasales sont les suivantes : an, en, ɛn, in, on, ɔn, un,

Comme la longueur, la nasalité des voyelles a une fonction distinctive en dioula. Elle sert à marquer une différence de sens entre deux mots. De ce fait, un mot contenant une voyelle nasale doit s’écrire toujours avec sa voyelle nasale.

Exemples :

sanga
= funérailles
saga
= mouton
tilen
= redresser
tile
= soleil
jɛngɛ
= écarter, incliner
jɛgɛ
= poisson
sinsin
= panier
sisi
= fumée
kolon
= mortier
kolo
= os
kɔlɔn
= puits
kɔlɔ
= noix de karité
sunsun
= pomme cannelle
susu
= piler
Remarques
En cas d’hésitation sur le caractère orale ou nasale d’une voyelle dans le mot, il est recommandé de se référer à un lexique ou à un dictionnaire.

Exemples :

a yi jii mi ou a yi jii min ? il/elle a bu l’eau
adopter “min”
ni ka gwɛlɛ ou nin ka gwɛlɛ ? ça c’est difficile
adopter “nin”

Les phénomènes d’alternance

Parfois, il arrive qu’un mot ait deux formes et que l’on se demande alors laquelle choisir. La liste de ces mots ne peut être donnée ici de façon exhaustive mais les exemples ci-après peuvent servir de guide.

Prenons les cas d’alternances suivantes :

Alternances des voyelles

a) A l’intérieur des mots

a ~ i :
fani ou fini
= habit
adopter a ou i
baraka ou barika
= force bénédiction
adopter a ou i
walasa ou walisa
= pour que
adopter a ou i
walama ou walima
= ou
adopter a ou i
a ~ e :
daali ou deeli
= demander, prier
adopter a ou e
a ~ o :
malobali ou molobali
= qui n’a pas honte
adopter a ou o
o ~ i :
tobi ou tibi
= cuisiner
adopter o ou i
i ~ ɛ :
tigɛ ou tɛgɛ
= main
adopter i ou ɛ
nigɛ ou nɛgɛ
= fer
digɛ ou dɛgɛ
= boule d’akassa
jigɛ ou jɛgɛ
= poisson

b) En fin de mots

a ~ ɛ
ɲa ou ɲɛ
= devant
adopter a ou ɛ
mina ou minɛ
= attraper
dinga ou dingɛ
= fossé
e ~
bange ou bangi
= procréer
adopter e ou i
u ~
kafu ou kafo
= additionner
adopter u ou o

Ce phénomène peut être expliqué par l’évolution des voyelles plus ouvertes vers les voyelles plus fermées selon la loi du moindre effort. On peut opter d’écrire l’une ou l’autre forme mais dans un souci de cohérence, on écrira toujours la même forme choisie dans le même texte.

Alternance des consonnes

a) En début de mot

l ~
lii ou dii
= miel
adopter l
lɔn ou dɔn
= connaître
adopter l1,
lo ou do
= c’est
“ l
c ~
cɛɛ ou kɛɛ
= homme
adopter c
x
celiya ou keliya
= jalousie
“ c
t ~
tiɲɛ ou ciɲɛ
= vérité
adopter t
tiɲɛn ou ciɲɛn
= abîmer
“ t
y ~
yiran ou jiran
= frire
adopter y
x
yiri ou jiri
= arbre
“ y
d ~
dusu ou jusu
= cœur
adopter d
t ~
tile ou kile
= soleil, jour
adopter t
d ~
dilan ou gilan
= réparer
adopter d

b) En milieu de mot

r ~
barabara ou balabala
= bouillir
adopter r
s ~
kunsigi ou kunzigi
= cheveux
adopter s
ɲ ~
fiɲɛ ou finyɛ
= vent
adopter ɲ
x
biɲɛ ou binyɛ
= foie
“ ɲ
x
biɲɛ ou binyɛ
= flèche
“ ɲ
g ~
ɲiningali ou ɲininkali
= interrogation
adopter g
x
wagati ou wakati
= moment
adopter g

LA SYLLABE

Les différentes sortes de syllabes

La structure de base de la syllabe en dioula est CV (consonne + voyelle). C’est la raison pour laquelle les mots empruntés à d’autres langues s’y conforment le plus fidèlement possible.

Exemples :

Soo
= la maison
Taga
= pars
Kile
= clé

Un deuxième type de syllabe du dioula est la voyelle. Il se rencontre plus souvent dans les pronoms.

Exemples :

A bɔra
= il/elle est sorti(e)
An bɛnna
= nous nous sommes mis d’accord
Adama nana
= Adama est venu
Arajo Burukina
= Radio Burkina

Le troisième type de syllabe que l’on relève en dioula est la nasale syllabique. Elle est représentée dans les différentes formes du pronom de la première personne du singulier et s’écrit invariablement “n” quel que soit son contexte d’apparition.

Exemples :

n bi taga ka na
= je vais et je reviens
a yi n weele
= il m’a appelé
a y’a di n ma
= il me l’a donné
n tilara n ka baara la
= j’ai fini mon travail
n fana b’a fɛ
= moi aussi j’en veux

Les groupes de consonnes

Les groupes de consonnes que l’on entend souvent en dioula résultent de la prononciation affaiblie d’une voyelle qui sépare ces consonnes. En ce qui concerne les mots prononcés avec des groupes de consonnes, la forme pleine du mot doit être rétablie à l’écrit par l’insertion de la voyelle.

La voyelle à rétablir est “i” si le mot est terminé par i, e, ɛ, ou in, en, ɛn.

La voyelle à rétablir est “u” si le mot est terminé par u, o, ɔ, ou un, on, ɔn.

Exemples :

tle
➞ tile
= soleil, jour
tlo
➞ tulo
= oreille
tlɔ
➞ tulɔ
= grossir
flen
➞ filen
= sifflet
tlon
➞ tulon
= jeu

Pour les mots terminés par “a” ou “an”, il peut s’agir de “i” ou de “u”. Il faut dans ce cas se référer à un lexique ou à un dictionnaire.

Exemples :

fla
➞ fila
= deux
fla
➞ fula
= peulh
sra
➞ sira
= route
sran
➞ siran
= avoir peur
fran
➞ furan
= balayer
fra
➞ fura
= médicament
yran
➞ yiran
= frire

LES TONS

Ecrire ou ne pas écrire les tons ?

A l’oral, les tons en dioula permettent de distinguer :

a) Du point de vue sémantique :

  • deux mots qui s’écrivent avec les mêmes lettres ;
  • les mots composés des groupes nominaux ou verbaux comprenant les mêmes éléments.

b) Du point de vue grammatical

  • la forme définie de la forme indéfinie en ce qui concerne les noms.

Compte tenu de ces fonctions des tons, leur notation avait été préconisée dans les règles orthographiques du dioula. Dans la pratique cependant, ces unités n’ont jamais été écrites. Le fait de ne pas écrire les tons ne gêne aucunement les dioulaphones qui apprennent à lire les textes écrits en dioula. Ils parviennent à rétablir les tons dès qu’ils savent reconnaître les lettres.

Par conséquent, les tons ne seront pas écrits dans l’orthographe du dioula. Cependant, pour les ouvrages lexicographiques tels que les dictionnaires et les lexiques généraux ou spécialisés, les tons doivent êtres notés. Dans ces mêmes ouvrages, la voyelle des substantifs monosyllabiques ne doit pas être redoublée.

Le problème posé par la non représentation des tons

Le fait de ne pas écrire les tons dans l’orthographe entraîne le problème de la distinction entre les pronoms personnels a “il/elle” et “vous”.

Pour résoudre ce problème, on écrira la troisième personne du singulier comme suit : “ a ” sans accent.

Le pronom de la deuxième personne du pluriel s’écrira alors “ á ” avec accent aigu.

On retiendra que le fait de noter la deuxième personne du pluriel par “ á ” est simplement une convention orthographique pour pallier l’absence de l’écriture des tons dans l’orthographe. Ce pronom devra se conformer à cette convention quel que soit son contexte d’apparition à l’écrit et même sous sa forme majuscule.

Exemples :

A y’a weele k’a di yan
= il l’a appelé pour moi
Á y’a weele k’a di yan
= appelez-le moi.

LA FORMATION DES MOTS

Quelques précisions terminologiques préalables

Il est rare que tous les mots d’une langue soient des unités simples. Certains sont dérivés : les mots dérivés sont formés avec plusieurs unités parmi lesquelles une peut être reconnue comme dérivatif (voir liste des dérivatifs).

D’autres sont composés : les mots composés sont formés avec plusieurs unités reconnaissables comme noms, verbes ou adjectifs.

Les unités simples de la langue qui peuvent être des noms, des verbes, des adjectifs ou des adverbes sont appelées lexèmes.

Le lexème est donc une unité simple, c’est-à-dire une unité qui n’est ni dérivée ni composée. Dans une langue, les lexèmes cœxistent avec d’autres unités simples appelées morphèmes.

Les morphèmes sont les unités grammaticales de la langue. Parmi elle, nous avons les dérivatifs, les marques du nom, les marques du verbe, les relateurs, les particules, etc.

En dioula les noms ou les verbes utilisés dans les phrases sont formés à partir d’une base à laquelle est associée une marque soit nominale (indéfini, défini, singulier, pluriel) soit verbal (marque de conjugaison).

La dérivation

La dérivation est un processus de formation des mots. Le mot dérivé est obtenu par l’adjonction à un lexème ou à une base, d’un morphème appelé “dérivatif”.

Qu’il soit placé avant (c’est-à-dire préfixé) ou après (c’est-à-dire suffixé), le dérivatif s’écrit toujours collé au lexème ou à la base.

La liste des dérivatifs les plus fréquents est donnée ci-après. Conventionnellement, on place un tiret après les dérivatifs pour indiquer qu’ils se collent à gauche du terme, c’est-à-dire qu’il sont préfixés. Le tiret est placé avant les dérivatifs qui se collent à droite du terme, c’est-à-dire ceux qui sont suffixés.

Les dérivatifs préfixés

Les dérivatifs préfixés s’ajoutent à des lexèmes ou à des bases verbaux uniquement ; ce sont :

la -
lataga
= faire partir
ma-
magwɛn
= poursuivre

Les dérivatifs suffixés

- baga
fanikobaga
= laveur d’habits
- bali
malobali
= impudique
- ba
tasaba
= bassine
musoba
= grosse femme
- ci
tugubagaci
= qui fait exprès
janfaci
= traitre
- ka
boboka
= bobolais
- la ~ na
bozola
= territoire bozo
nagakɔrɔla
= bas-ventre
farafinna
= Afrique Noire
- la
hakilila
= opinion
- la
sɛnɛkɛla
= agriculteur
fanikola
= laveur d’habits
- man
jiman
= liquide
finman
= noir
- nan
sabanan
= troisième
- nan ~lan
wusunan
= encens
sigilan
= siège
- ri ~li ~ ni
tobiri
= cuisiner
susuli
= pilage
danni
= semis
- nin
cɛnin
= bonhomme
- ta
santa
= à acheter
feereta
= à vendre
- tan
waritan
= qui manque d’argent
fangatan
= pauvre, « sans force »
- tɔ
kɔngɔtɔ
= affamé
- ya
teriya
= amitié
Remarques
Les mots dérivés s’écrivent collés aux noms qu’ils déterminent.

Le redoublement

Le redoublement est considéré comme une forme de dérivation. Il consiste en la répétition d’un mot donné. Quand on écrit un mot redoublé, on peut en séparer les parties ou les coller.

S’écrivent séparés

Les éléments des mots redoublés s’écrivent séparés lorsque le mot redoublé appartient à une des catégories suivantes : s’ils entrent dans des cas suivants :

  • Adjectifs

Exemples :

nunu ka bon bon
= ceux-ci sont gros
jalayiriw ka jan jan
= les caïlcédrats sont hauts.
  • Adverbes

Exemples :

joona joona
= très vite
dɔɔnin dɔɔnin
= doucement, petit à petit
  • Mots indiquant le temps

Exemples :

bii bii nin na
= actuellement
fɔlɔ fɔlɔ
= jadis
sisan sisan
= immédiatement
galen galen
= jadis
  • Numéraux

Exemples :

kelen kelen
= un à un
duuru duuru
= cinq par cinq
fila fila
= deux par deux ; deux chacun
tan tan
= dix par dix ; dix chacun

En cas de redoublement partiel en ce qui concerne essentiellement les numéraux, on utilisera le trait d’union.

Exemples :

du-duuru
= cinq par cinq ; cinq à chacun
na-naani
= quatre par quatre ; quatre chacun
wɔ-wɔɔrɔ
= six par six ; six chacun.
S’écrivent collés
  • Les noms redoublés

Exemples :

wowo
= beaucoup de trous
tomitomi
= pointillés
ɲamaɲama
= ordures
  • Les verbes redoublés

Exemples :

kurukuru
= faire des boutons à plusieurs endroits
magamaga
= bouger
tɔnitɔni
= goutter
sirisiri
= attacher à plusieurs endroits
tantan
= donner des coups de pied.
  • Les mots ressemblant à des redoublés

Il existe des mots qui présentent la structure des redoublés mais qui ne peuvent pas être segmentés en deux éléments. En fait, la forme répétée n’existe pas seule ou si elle existe, son sens n’est en rien proche de celui de la forme redoublée. Ce type de forme s’écrit en un seul mot.

Exemples :

ka ŋunuŋunu
= murmurer
k’a barabara
= faire bouillir
k’a kɛnɛkɛnɛ
= circoncire
ka yɛrɛyɛrɛ
= trembler
ka sɔgɔsɔgɔ
= tousser
k’a funfun
= asperger
k’a yuguyugu
= secouer
k’a kalankalan
= bigarrer
sanbɛsanbɛ
= bonne année
fɔgɔfɔgɔ
= poumon

La composition

La composition est un processus de formation de mots qui consiste en l’adjonction de deux lexèmes au moins. Les différentes catégories grammaticales du dioula peuvent intervenir dans la formation des bases composées. Les éléments des composés s’écrivent collés en un seul mot. La liste des différents types de bases composées est donnée ci-après avec l’utilisation des abréviations suivantes :

Avant les flèches :

n
= lexème ou base nominal (e)
v
= lexème ou base verbal (e)
vn
= lexème ou base verbo-nominal (e)

Après les flèches :

n
= base nominale
v
= base verbale
vn
= base verbo-nominale

Les types de mots composés

n + n ➞ n

Exemples :

juru + fiyɛ
➞ jurufiyɛ
=puisette
kami + faan
➞ kamifan
=œuf de pintade
saga + sogo
➞ sagasogo
=viande de mouton
siin + jii
➞ sinji
=lait maternel
dugu + tigi
➞ dugutigi
=chef de village
wari + koo
➞ wariko
=affaire d’argent
saga + muso
➞ sagamuso
=brebis ; femme au caractère de mouton.
fɛɛn + gwansan
➞ fɛngwansan
=chose de peu de valeur
lɔgɔ + jalan
➞ lɔgɔjalan
=bois sec
mɔgɔ + sɔbɛ
➞ mɔgɔsɔbɛ
=personne honorable
Awa + fitinin
➞ Awafitinin
=Haoua la petite
Donso + ŋana
➞ donsoŋana
=grand chasseur

n + v ➞ n

Exemples :

deen + wolo
➞ denwolo
= procréation
muso + furu
➞ musofuru
= mariage
soo + boli
➞ soboli
= chevauchée
kurun + dilan
➞ kurundilan
= fabrication de pirogues
kuun + dimi
➞ kundimi
= maux de tête
bɔgɔ + toli
➞ bɔgɔtoli
= terre pourrie
jii + nɔgɔ
➞ jinɔgɔ
= eau sale
ɲɔɔ + tigɛ
➞ ɲɔtigɛ
= récolte de mil.

n + v ➞ v

Exemples :

kɔrɔ
+ ta
➞ kɔrɔta
= soulever (v)
fura
+ kɛ
➞ furakɛ
= soigner (v)
ɲaa
+ fɔ
➞ ɲafɔ
= expliquer (v)
lɔgɔ
+ la
➞ lɔgɔla

n + postposition + n ➞ n

Exemples :

jii + ra + fɛɛn
➞ jirafɛn
= aquatique
bolo + la + nɛgɛ
➞ bololanɛgɛ
= bracelet
su + ra + fɛɛn
➞ surafɛn
= pot - de - vin
dugu + ma + fɛn
➞ dugumafɛn
= terrestre
gaman + kɔrɔ + sii
➞ gamankɔrɔsi
= poils d’aisselle.

n + adj. ➞ n

Exemples :

nɔnɔ + kɛnɛ
➞ nɔnɔkɛnɛ
= lait frais
wulu + jugu
➞ wulujugu
= chien méchant
fanga + fin
➞ fangafin
= force pure
wari + misɛn
➞ warimisɛn
= monnaie
cɛɛ + gwɛ
➞ cɛgwɛ
= homme au teint claire

n + adj. ➞ n

Remarques
S’écrivent séparés les mots suivants :
muso + gwɛma
➞ muso gwɛman
= femme de teint claire
misi + finman
➞ misi finman
= bœuf de robe noire
nɔnɔ + jiman
➞ nɔnɔ jiman
= lait liquide ou non concentré

n +postposition + v ➞ vn

Cette composition ne peut s’appliquer qu’avec des noms qui indiquent une partie du corps humain.

Exemples :

daa + ra + bɔ
➞ darabɔ
= provoquer
kuun + na + la
➞ kunnala
= faire des reproches
bolo + ma + fara
➞ bolomafara
= contribution
ɲaa + ma + lɔ
➞ ɲamalɔ
= sérénité
ɲaa + ma + nɔgɔ
➞ ɲamanɔgɔ
= souillure

n +v ➞ vn

Exemples :

Jakuma + tagama
➞ jakumatagama
= adopter une démarche de félin
fali + bugɔ
➞ falibugɔ
= battre comme un âne
suu + ta
➞ suta
= prendre comme un cadavre
wulu + mina
➞ wulumina
= traiter comme un chien
wulu + bugɔ
➞ wulubugɔ
= battre comme un chien
nɔgɔsi + tagama
➞ nɔgɔsitagama
= adopter un démarche de caméléon
soo + girin
➞ sogirin
= adopter un vitesse de cheval au galop

Les expressions-mots

Les expressions-mots sont des phrases ou des parties de phrases se comportant comme un mot unique. On les écrit en un seul mot comme le montrent les exemples donnés ci-après : Dans certains de ces expressions-mots, on peut reconnaître un verbe suivi du pronom de la première personne du singulier, ce pronom remplissant la fonction de complément circonstanciel.

Exemples :

Sigi + n+ fɛ
➞ siginfɛ
= cohabitant, réfugié
ton + n + kan
➞ tonnkan
= choléra
bila + n + kɔrɔ
➞ bilankɔrɔ
= épargne
don + n + kɔnɔ
➞ donnkɔnɔ
= poison
fara + n + kan
➞ farankan
= additif
diya + n + ye
➞ diyanye
= objet de désire
jigi + n + na
➞ jiginna
= reproche
see + n + yɛrɛ + kɔrɔ
➞ senyɛrɛkɔrɔ
= autosuffisance
bolo + di + ɲɔgɔn + ma
➞ bolodiɲɔgɔnma
= entraide,solidarité

D’autres types d’expressions-mots sont des phrases.

A certaines de ces phrases il peut manquer le complément d’objet ou le sujet :

Exemples :

cɛɛ + tɛ + muso + tɛ
➞ cɛtɛmusotɛ
= hermaphrodite
ta + ka + yuguyugu
➞ takayuguyugu
= friperie
don + ka + filɛ
➞ donkafilɛ
= friperie
fɔ + ka + bɛn
➞ fɔkabɛn
= entente verbale
bila + ka + suma
➞bilakasuma
= report, repris
taga + ka + segi
➞ tagakasegi
= aller - retour
jɛɛn + ka + baara
➞ jɛnkabaara
= travail de groupe
bari + ka + wili
➞ barikawili
= progrès surprenant
pan + ka + cun
➞ pankacun
= sautillement
bari + n + na + koo
➞ barinnako
= surprise
saan + fa + dugu + fa
➞ sanfadugufa
= un géant.

LE NOM

Dans une phrase, le nom peut être sujet ou complément. Il se caractérise par le fait qu’il comporte certains morphèmes que l’on appellera ici marques du nom.

Les marques du nom

Parmi les diverses marques du nom, seule celle du pluriel se manifeste sous la forme du son [ u ]. Les noms monosyllabiques doublent la voyelle. La marque du singulier et celle de l’indéfini n’ont pas de manifestation particulière. Alors que celle du défini plus subtile, se caractérise par une différence de ton par rapport à celle de l’indéfini.

Les marques de l’indéfini et du défini

Soient les exemples suivants comportant des marques de tons sur les noms :

soo ma ye (ton haut - indéfini)
= aucun cheval n’a été retrouvé
soo ma ye (ton modulé - défini)
= le cheval n’a pas été retrouvé
muso ti yan (ton haut - indéfini)
= il n’y a pas de femme ici
muso ti yan (ton bas - défini)
= la femme n’est pas ici.

Il n’apparaît aucune différence orthographique dans l’écriture de ces noms.

La marque du pluriel

Le pluriel est conventionnellement représenté par “w” dans l’orthographe. Il s’écrit suffixé au nom.

Exemples :

Singulier
Pluriel
soon
= le voleur
soonw
= les voleurs
misi
= le bovin
misiw
= les bovins
bese
= la machette
besew
= les machettes
muso
= la femme
musow
= les femmes
balan
= le balafon
balanw
= les balafons
suruku
= l’hyène
surukuw
= les hyènes

LES MOTS COMPARABLES AU NOM

Certains mots de la langue remplissent les mêmes fonctions que les noms sans pour autant en être. Ce sont ces mots que nous considérons comme comparables au nom. Il peut s’agir de pronoms, de mots désignant le temps, le lieu, la manière, etc.

Les pronoms personnels

Ils s’écrivent comme suit :

Pronoms simples
Pronoms d’insistance
Singulier
1ere personne
n
Nne
2ème personne
i~
e ~ ile ~ ele
3eme personne
a
ale
Pluriel
1ere personne
an
anw
2eme personne
á
áw

D’autres sortes de pronoms

Il existe un certain nombre de mots qui peuvent s’associer au nom mais qui contrairement aux marques, s’écrivent séparés de lui. La plupart de ces mots peuvent être employés seuls comme pronoms et remplir la fonction de sujet ou de complément dans la phrase. Ce sont le démonstratif, le totalisateur, l’indéfini, les interrogatifs, le possessif indépendant, de même que les mots “foyi/fosi, si, wɛrɛ, yɛrɛ, ɲɔgɔn”.

le démonstratif

nin = ce, cet, cette ; celui-ci, celle-ci.

Ce mot a pour pluriel la forme nunu = ces ; ceux-ci, celles-ci.

Exemples :

nin bɔra Bobo
= celui-ci vient de Bobo
sanji yi nunu bugɔ
= la pluie a battu ceux-ci
jii kɛ nunu kan
= arrose ceux-ci
tasa nunu ka bon bon
= ces assiettes sont grandes.

Le totalisateur

bɛɛ = tout, tous

ce mot s’écrit avec une voyelle longue. Il garde la même forme au singulier et au pluriel.

Exemples :

bɛɛ ka na
= venez tous
muso ye bɛɛ fo
= la femme a salué tout le monde
a ye dubabu don bɛɛ ye
= elle a béni tout le monde
a ye fani bɛɛ ko
= il a lavé tous les habits
a y’a bɛɛ fɔ
= il a tout dit.

L’indéfini

dɔ = quelqu’un

Ce mot a pour pluriel dɔw = certains

Exemples :

dɔ nana
= quelqu’un est venu
a yi dɔ weele
= il a appelé quelqu’un
a y’a fɔ dɔ ye
= il l’a dit à quelqu’un
mɔgɔ dɔ lo
= c’est quelqu’un
cɛɛ dɔw nana kunu
= certains hommes sont venus hier.

Les interrogatifs

Les interrogatifs peuvent être employés seuls comme sujet ou complément, ou être associés à un nom dont ils s’écrivent séparés.

joli ? = combien ?

Exemples :

joli tununa ?
= combien sont égarés ?
saga joli tununa ?
= combien de moutons sont-ils égarés ?

juman = lequel, laquelle ? jumanw ? = lesquels, lesquelles ?

Exemples :

juman le nana ?
= lequel est venu ?
fura juman le bi yen
= quel médicament y a-t-il ici ?

mun ? = que ; quoi ?

Exemples :

mun le benna ?
= qu’est-ce qui est tombé ?
mun fɛɛnw le bena
= quelles choses sont-elles tombées ?

di ? = comment ? ; qu’est-ce que ?

Exemples :

a ko di ?
= qu’a-t-il dit ?
cogo di ?
= de quelles manière ? comment ?

jɔn ? = qui ? et min ? = où

Ces deux interrogatifs s’emploient toujours seuls comme sujet ou complément.

Exemples :

Jɔn le y’a fɔ ?
= qui l’a dit ?
jɔnw le y’a fɔ ?
= quels sont ceux qui l’on dit ?
a ye jɔn yira ?
= qui a-t-il montré ?
a fɔra jɔn ye ?
= à qui cela a-t-il été dit ?
Musa tagara min ?
= où est allé Moussa ?

Le pronom possessif indépendant

Le pronom possessif indépendant s’écrit “taa” au singulier et “taaw” au pluriel.

Exemples :

Musa taa lo
= c’est à Moussa
nne taaw tununa
= les miens sont perdus
ile taa tɛmɛn’a daan kan !
= toi, tu dépasses les bornes !

Foyi ~ fosi, si

foyi ~ fosi = rien, aucun

Il peut être employé comme sujet ou complément, ou être associé à un nom dont il s’écrit séparé.

Exemples :

foyi ma kɛ
= rien ne s’est passé
a ma foyi fɔ
= il n’a rien dit
a ma kɛ foyi ye
= il n’est devenu rien
mɔbili foyi ma na
= il n’est venu aucune voiture
  • Si = aucun

“si” est toujours associé à un nom ou pronom dont il est toujours séparé dans l’écriture.

Exemples :

mɔgɔ si ma na
= personne n’est venue
an si ma bɔ
= aucun de nous n’est sorti.

Wɛrɛ, yɛrɛ, ɲɔgɔn

wɛrɛ, yɛrɛ, et ɲɔgɔn s’écrivent séparés des mots auxquels ils sont associés

Exemples :

  • wɛrɛ = un autre ; a pour pluriel wɛrɛw = d’autres
loon wɛrɛ an bina kuma
= nous parlerons un autre jour
mɔgɔ wɛrɛw fɛ, a bi ten
= chez d’autres, c’est ainsi.
  • yɛrɛ = même
fagamancɛ yɛrɛ nana
= le chef lui-même est venu
karamɔgɔcɛ yɛrɛ siranna =
le marabout lui-même prit peur
  • ɲɔgɔn = semblable
n ka muru ɲɔgɔn san
= achète un couteau semblable au mien
i ka fani ɲɔgɔn bi n fɛ
= j’ai un habit semblable au tien

Les mots indiquant le temps, le lieu et la manière

Ces mots peuvent assumer les fonctions de sujet et de complément dans une phrase. Ils ne prennent pas les marques du nom.

  • Temps
salon
= l’année dernière
kunu
= hier
kɔsa
= il n’y a pas longtemps
ɲinan
= cette année
bii
= aujourd’hui
sisan
= maintenant
sini
= demain
  • Lieu
yan
= ici
yen
= là-bas
  • Manière
tan
= comme ceci
ten
= comme cela

Les chiffres et les nombres

On choisit de les écrire en lettre ou en chiffres en observant la cohérence dans le même texte. Dans une traduction, il faut se conformer à leur écriture dans le texte de départ. Quand la confusion est possible entre une classe de numéraux, “ani” sera utilisé seulement avant les unités simples.

Exemples :

miliyɔn tan ni duuru
=
15.000.000
miliyɔn tan ani duuru
=
15.000.005

LE VERBE

Dans une phrase, le verbe est élément central. Il assure la fonction de prédicat. Il est caractérisé par certains morphèmes qu’on appellera ici marques du verbe.

Les marques du verbe

Les marques placées avant le verbe s’écrivent séparées de lui. Pour sa part la marque “ra” et ses variantes, placées après le verbe s’écrit collée.

Les marques de l’accompli

construction transitive

Affirmatif
Négatif
verbe + - ra ~ -la ~ na
ma + verbe

Exemples :

a tagara
= il/elle est parti (e)
a ma taga
= il/elle n’est pas parti (e)
á bolila
= vous avez couru
ma boli
= vous n’avez pas couru
a benna
= il/elle est tombé (e)
a ma ben
= il/elle n’est pas tomé (e)

Construction intransitive

Affirmatif
Négatif
yi ~ ye + objet + verbe
ma + objet + verbe

Exemples :

á yi sogo san
= vous avez acheté de la viande
á ma sogo san
= vous n’avez pas acheté de la viande

Les formes “yi” ou “ye” peuvent être employées indifféremment mais, par souci de cohérence, il est recommandé de garder la même forme dans le même texte. Cette observation est valable pour toutes les marques qui connaissent une variation entre une forme contenant la voyelle -i- et une forme contenant la voyelle -e-. Il s’agit notamment de: bi ~ be, ti ~ te, bina ~ bena, tina ~ tena.

Les marques de l’inaccompli

  • L’habituel :
Affirmatif
Négatif
bi ~ be
ti ~ te

Exemples :

a bi na
= il vient
a ti na
= il ne vient pas
a bi sogo san
= il achète de la viande
a ti sogo san
= il n’achète pas de la viande
  • Le progressif
Affirmatif
Négatif
bi ~ be - ra ~ la ~ na
ti ~ te - ra ~ la ~ na

Exemples :

A bi bɔra
= il est entrain de sortir /
a ti bɔra
= il n’est pas entrain de sortir
A bi fani kora
= il est entrain de laver un habit / a ti fani kora
  • Le futur
Affirmatif
Négatif
bina ~ bena
tina ~ tena

Exemples :

a bina taga
= il partira
a tina taga
= il ne partira pas
a bina lɔgɔ ci
= il cassera du bois
a tina lɔgɔ ci
= il ne cassera pas du bois
  • Le projectif
Affirmatif
Négatif
Ka
kana

Exemples :

(a ko) n ka taga
= il m’a dit de partir
(a ko) n kana taga
= il m’a dit de ne pas partir
(a ko) n ka soo lɔ
= il m’a dit de construire (a ko) n kana soo lɔ

l’impératif :

Affirmatif
Négatif
1 personne plur.
ka
kana
2 personne plur.
yi ~ ye

Exemples :

an ka taga
= partons !
an kana taga
= ne partons pas !
an k’a la
= couchons-le !
an kan’a la
= ne le couchons pas !
á yi taga
= partez !
á kana taga
= ne le couchez pas !

L’optatif

Affirmatif
Négatif
Ma …​ - ra ~ - la ~ - na
kana
Ka
kana

Exemples :

Ala m’a balora
= que Dieu lui donne longue vie
Ala k’a balo
= que Dieu lui donne une longue vie
Ala kan’a balo
= que Dieu ne lui donne pas une longue vie

Le conditionnel :

mana

Exemples :

a mana kɛ ten…​.
=
si c’est ainsi…​
a mana mɔgɔ ye…​.
=
quand il voit quelqu’un…​..

L’inactuel

tun

Exemples :

a tun bɔra
= il était sorti
o tun bi ɲɔɔ susura
= elles pilaient le mil

tun peut être associé avec les autres marques. Il ne se colle pas à elles ni à aucun autre mot.

Exemples :

a tun kana bɔ
= il ne fallait pas qu’il sorte
o tun kana ɲɔɔ susu
= il ne fallait pas qu’elles pilent le mil.

Les marques de l’adjectif

On trouve parfois l’expression verbes statifs pour désigner les adjectifs. Les adjectifs ont leurs marques caractéristiques.

Affirmatif
Négatif
Ka
man

Exemples :

A ka bon
= il est gros
a man bon
= il n’est pas gros

LES PREDICATIFS NOMINAUX

Il est possible de former des phrases ne contenant pas de verbe. On appelle ce type de phrases des phrases nominales. Les marques caractéristiques des phrases nominales sont appelées des indicatifs nominaux. Ils s’écrivent séparés du nom. Les différents prédicatifs nominaux sont donnés ci-après avec des exemples illustratifs.

  • Identification
Affirmatif
Négatif
lo

Exemples :

Musa lo
= c’est Moussa
Musa tɛ
= ce n’est pas Moussa
  • Egalité
Affirmatif
Négatif
yi …​ ye
ti …​ ye

Exemples :

Sebe yi yiri ye
sebe ti yiri ye
Le rônier est un arbre
le rônier n’est pas un arbre.
  • Localisation
Affirmatif
Négatif
bi ~ be
ti ~ te

Exemples :

Banba bi jii ra
banba ti jii ra
Le caïman est dans l’eau
le caïman n’est pas dans l’eau

Dans certains contextes l’archiverbal bɛ est admis.

Exemples :

Nɛnɛ bɛ
= il fait froid
Funteni bɛ
= il fait chaud
Hɛɛrɛ bɛ ?
= comment ça va ?

LES ADVERBES

En parlant d’adverbe, nous nous en tiendrons à l’étymologie de ce mot c’est-à-dire ce qui s’ajoute au verbe ou le complète. Dans cette catégorie de mots, on relève des formes simples et des formes redoublées. Formes simples

Exemples :

a tagara suwɛyi
= il est parti à la sauvette
a y’a ta yewu
= il l’a pris correctement
a y’a ta cɔ
= c’est lui exactement qui l’as pris
a sɛbɛn kudayi
= écris toujours
a dumu faasi
= mange sans problème

Formes redoublées (1er cas)

Exemples :

kalo gwɛra pasi pasi
= la lune est très claire
saan finna ti ti ti
= le ciel s’est vraiment assombri
daga fara tewu tewu
= le canaris est très plein
jii sumana tɔn tɔn
= l’eau est très fraîche
baara gwanna pa pa pa
= le travail est très chaud

Dans le cas contraire, l’élément répété s’écrit en un seul mot.

Formes redoublée (2e cas)

Exemples :

ko nin kɛra ten tigitigi
= ça s’est passé exactement comme çà.
a ye baara nin walowalo
= il a fait ce travail avec agilité.

LES IDEOPHONES

Les idéophones sont des mots qui évoquent d’une façon imaginée un bruit ou un mouvement. Certain appartiennent à la catégorie des adverbes et sont de ce fait appelés des adverbes idéophoniques. Ils posent souvent des problèmes de traduction parce qu’ils sont propres à la langue qui les utilise et ne connaissent pas forcément d’équivalents dans une autre langue. D’autres idéophones trouvent leur place parmi les noms ou les verbes. Les idéophones s’écrivent en un seul mot.

Exemples :

  • titati
  • kirikara
  • wowawo
  • giribigaraba
  • vɛlɛkɛvɛlɛkɛ
  • yuruguyurugu
  • mulukumɛlɛkɛ
  • zogolozogolo
  • onaw.

LES MORPHENES RELATEURS

Les morphèmes relateurs sont des unités grammaticales qui interviennent pour relier deux mots, deux groupes de mots ou deux phrases entre eux. Ils s’écrivent séparés des formes qu’ils relient.

Les prépositions et les postpositions

Les prépositions et les postpositions relient un complément circonstanciel et un verbe.

Les prépositions

Fɔɔ = jusqu’à ; sauf

Exemples :

A tagara fɔɔ Bobo
= il est allé jusqu’à Bobo
Dunancɛ yi dumuni kɛ fɔɔ ka fa
= l’étranger mangea à satiéter
O tagamana ka taga fɔɔ dugu nana gwɛ
= ils/elles marchèrent jusqu’au lever du jour
Bɛɛ nana fɔɔ Maadu
= tous sont venus sauf Madou
  • kabini ~ kabi = depuis

Exemples :

A bɔra kabini sɔgɔma
= il/elle est sorti(e) depuis le matin
Kabi o kɛra
= depuis que cela s’est passé…​

Les postpositions

  • ma

Exemples :

A yi wari di Musa ma
=
il/elle a donné de l’argent à Moussa
A ko, an ma ko an kana sigi
=
il nous a dit de ne pas nous asseoir.
  • ye

Exemples :

sebe yi yiri ye
= le rônier est un arbre
bana le yi mɔgɔ jugu ye
= c’est la maladie qui est l’ennemi de l’homme

Exemples :

A tagara Musa fɛ
= elle est allée chez Moussa
sukaro bi n fɛ
= j’ai du sucre
  • ra ~ la ~ na

Exemples :

a la tile ra
= étales-le au soleil
a bɔra foro la
= il vient du champ
a don suma na
= mets-le à l’ombre
Remarques
la forme la plus fréquente en dioula est ra

Les noms relationnels

Il arrive qu’un mot généralement un nom de partie du corps humain, soit employé pour jouer le rôle de postposition. On parle de nom relationnel ou de non fonctionnalisé.

Liste des mots susceptibles de remplir le rôle de postposition :

Sens en tant que postposition

bolo
dans, chez
milieu, entre, parmi
kan
sur, dessus
derrière, après
kɔnɔ
dans
kɔrɔ
à proximité
kun
sur, avec
ɲa
devant, avant

lorsqu’un mot susceptible de remplir le rôle d’une postposition est suivi d’une postposition, les deux s’écrivent collés.

ɲa + fɛ
➞ ɲafɛ :
taga ɲafɛ
= va devant
ɲa + na
➞ ɲana :
a kɛra n ɲana
= cela s’est passé en ma présence
kan + ma
kanma :
o le kanma
= c’est pour cela
ju + kɔrɔ
➞ jukɔrɔ :
a bi yiri jukɔrɔ
= il est sous l’arbre
kɔnɔ + na
➞ kɔnɔna :
don kɔnɔna
= entres
kun + cɛ
➞ kuncɛ :
a bi kuru kuncɛ
= il se trouve au sommet de la montagne
cɛ + ma
➞ cɛma :
a donna mɔgɔw cɛma
= il s’est mêlé à la foule
cɛ + ra
➞ cɛra :
a siginin lo a deenw cɛra
= il est aussi parmi ses enfants
kun + fɛ
➞ kunfɛ :
a bi kuma a kunfɛ
= il parle sans faire attention
kun + na
➞ kunna :
a bi an kunna

lorsqu’une postposition succède aux formes suivantes :

nɔɔ = trace ; seen = pied ; gɛrɛn = côté ; faan = direction :

elles s’écrivent séparée.

Exemples :

nɔɔ + fɛ =
➞ nɔɔ fɛ
= à la suite de, à cause de
seen + fɛ =
➞ seen fɛ
= à l’occasion de
gɛrɛn +na =
➞ gɛrɛn na
= près de, à côté de
faan + fɛ =
➞ faan fɛ
= vers, en direction de, en ce qui concerne.

Le relatif et les conjonctions

Le relatif et les conjonctions relient deux propositions.

Le relatif

min = qui, que

Ce mot est indéfini, il peut aussi prendre la marque du pluriel.

Exemples :

mɔgɔ min nana
= la personne qui est venue
mɔgɔ minw nana
= les personnes qui sont venues
Fanta ye tagafe min san
= le pagne que Fanta a acheté.

Les conjonctions

barisa ~ bari
= parce que
bawo
= car
kasɔrɔ ~ kamasɔrɔ =
alors que
minkɛ
= du fait
nasɔrɔ
= peut-être
nga
= mais
sabu
= parce que
sango ~ jango
= pour que
yanni ~sanni
= avant de, au lieu de.

Les coordinatifs

Les coordinatifs relient deux mots ou deux propositions.

ni ~ ani
= et
ni …​ ye
= avec
walima ~waa
= ou bien

“ka” sert à relier des verbes ayant le même sujet. La voyelle finale de “ni” ou “ani” peut être élidée lorsque ces mots sont suivis d’un pronom autre “n” première personne du singulier.

Exemples :

Kalifa nana ni a ka nɛgɛso ye
= Kalifa a amené son vélo
Watara ni ale le be yen
= c’est Ouattara et lui qui y sont.

Le connectif et le distributif

Le connectif et le distributif servent à relier deux noms dans le groupe nominal.

Le connectif

ka ~ ta = pour, appartement à

Exemples :

deen ka fani
= l’habit de l’enfant
a ka fani
= son habit

Le distributif

o = quel que soit…​, quelque…​, que, chaque

Les noms placés de part et d’autres de ce mot sont à la forme indéfinie.

Exemples :

mɔgɔ o mɔgɔ
= quelle que soit la personne
deen o deen
= quel que soit l’enfant
juma o juma
= chaque vendredi.

LES PARTICULES

Les particules sont des morphèmes qui se surajoutent à des structures déjà formées (noms, verbes ou phrases) pour exprimer une valeur d’insistance, d’interrogation ou d’exclamation. Elles s’écrivent séparées des structures qu’elles accompagnent;

Les particules

le ~ lo
muso le y’a fɔ
= c’est la femme qui l’a dit
fana
a yi fani fana san
= elle a aussi acheté l’habit
dɔrɔn
a fɔ dɔrɔn
= dis le seulement
kɔni
a yi nin nɛnɛ kɔni
= elle a effectivement goûté cela
yɛrɛ
a ma sɔn yɛrɛ
= elle n’a même pas accepté
hali
hali n’i ma sɔn
= même si tu n’es pas d’accord
jaati
o kɛra jaati
= cela s’est vraiment passé
dun
ele dun ko di ?
= qu’en dis-tu alors, toi ?

Les particules d’exclamation

o to tan dɛ !
= laisse donc ainsi !
na ni fani ye kɛ !
= amène donc l’habit !
sa
a bɛɛ fɔ sa !
= dis tout donc !
koyi
a ma kuma koyi !
= il n’a pas parlé hein !
a fɔra wɛ
= cela a été dit, voyons !
haan
a sɔnna haan !
= elle a osé accepter !
jaa
jaa, an tor’a ra !

Particules d’interrogation

kɔni kɔni baba ka kɛnɛ ?
= Papa serait-il en bonne santé ?
wa
i bi taga wa ?
= t’en vas-tu ?
wa
a nana wa ?
= est-il vraiment là ?
do
somɔgɔw do ?
= comment vont les gens de la famille ?
yala yala a ma na ?

L’ELISION DES VOYELLES ET L’EMPLOI DE l’APOSTROPHE

L’élision se produit quand deux voyelles appartenant à des mots différents se retrouvent en contact. La première voyelle est élidée et remplacée par une apostrophe et les deux mots se retrouvent à former pratiquement un mot.

Exemples :

an y’o weele ka dɛsɛ
= nous les avons appelés en vain
u nana n’u ka nigɛsow ye
= il ont amené leurs vélos.

Seules les voyelles finales des marques des verbes et celles des coordinatifs ni, ani pourront être élidées dans l’orthographe. Les voyelles finales des verbes monosyllabiques seront maintenues mêmes si à l’oral on observe une élision.

Exemples :

a fɔ u ye u ka taga
= dis-leur de partir
valisi nin ta a ye
= prend cette valise pour lui

On notera que dans les deux derniers exemples, les voyelles des verbes monosyllabiques fɔ et ta ne sont pas élidées.

Exemples :

Tɛmɛ an fɛ
= passe chez nous
ou
tɛm’an fɛ
a tun fɔra u ye
= on le leur avait dit
ou
a tun fɔr’u ye

QUELQUES POINTS D’ORTHOGRAPHE D’USAGE

Sous cette rubrique, sont abordés divers points à propos desquels on peut relever des divergences orthographiques. Il s’agit donc d’aboutir à une harmonisation dans l’écriture de ces mots ou expressions.

Ecrire collé ou séparé ?

Les éléments suivants posent parfois des problèmes d’écriture. On les représentera comme suit :

En un seul mot

damanin ~ daman
= un certain nombre
dɔwɛrɛ
= un autre
kabini ~ kabi
= depuis ; depuis
kasɔrɔ ~ kamasɔrɔ
= alors que
kojugu
= trop
kokura
= à nouveau
koɲuman
= bien
kosɔbɛ
= beaucoup
kɔlɔkɔlɔ
= sans importance
minkɛ
= après
naganaga
= sans raison
nasɔrɔ
= peut-être
sanfɛ
= en haut
duguma
= par terre
dara
= proximité
furancɛ
= entre ; au milieu
cɛmancɛ
= milieu
kuncɛ
= sommet
sɔbɛkɔrɔ
= très bien

en séparant les éléments

bi yen = il y a ; y est. Comme par exemple dans : u bi yen wa ?= sont-ils présents ?

i n’a fɔ
= comme
i ko
= comme
jɔn ko Ala
= en vérité, de grâce
k’a la a kan
= sur cette base

Les emprunts

Pour écrire les emprunts (noms communs ou noms propres), on utilisera les lettres de l’alphabet dioula et on veillera au respect de la structure syllabique CV. Il faut se rappeler que ces lettres ne se prononcent pas toujours de la même façon dans d’autres langues Jean-Paul et Alexis par exemple doivent subir cette modification avant de figurer dans un texte en dioula. On aura de fait : Zanpoli et Alɛkisi.

Autres exemples d’emprunts :

Mots en français
Mots en dioula
Courroie
= kuruwa
Calendrier
= kalandiriye
Ecrou
= ekuru
Marie
= Maari
Clémentine
= Kelemantini
Burkina
= Burukina
Sénégal
= Sɛnɛgali
=== Les néologismes

Le dioula partage souvent les mêmes néologismes avec le bambara. Dans le cas où il existe une possibilité de réalisation typiquement dioula, il faut veiller au choix des lettres en se conformant aux alternances mentionnées au chapitre 1.2.

Exemples :

dafalen
➞ dafanin
= voyelle
samalen
➞ samanin
= allongé
dolonin
➞ lolonin
= astérisque
Etc.

Les sigles

Les sigles sont à considérer comme des noms propres. Ils seront écrits avec des majuscules sous leur forme en langue étrangère suivie de la façon de les écrire en dioula entre parenthèses.

Exemples :

PNUD
(Pinidi)
ONU
(Oni)
CRPA
(Sɛrɛpeya)
UNESCO
(Inɛsiko)
MEBA
(Meba)

Lorsque le sigle apparaît pour la première fois dans un texte, on peut l’expliquer. Il faut opter de représenter les sigles soit sous leur forme en langue étrangère, soit sous leur forme en dioula et s’en tenir à la même option dans le même texte.

la date

Pour écrire la date on fera suivre l’année du nom du mois puis du quantième. Le nom du jour peut se placer avant ou après ces éléments.

Exemples :

Lamusalon, saan 1998, sumanmɔkalo, tile 3 ou saan 1998, sumanmɔkalo tile 3, lamusalon.

jeudi le 3 septembre 1998.

Les mois

=
sanyɛlɛmakalo
janvier
foonɛnɛkalo
février
funtenikalo
mars
funtenibakalo
avril
samiɲadonkalo
mai
dannikalo
juin
samiɲakalo
juillet
cɔcɔkalo
août
sumanmɔkalo
septembre
samiɲalabankalo
octobre
sumanladonkalo
novembre
sanlabankalo
décembre

Les jours de la semaine

=
tɛnɛ
lundi
tarata
mardi
araba
mercredi
lamusa
jeudi
juma
vendredi
sibiri
samedi
kari, haati, dimansi
dimanche

Les points cardinaux

=
kɔrɔn ~ tilebɔ
Est
tileben
Ouest
kɔgɔdugu
Nord
worodugu
Sud
tilesenkuncɛ
zénith

INSERTION DES CITATIONS

On écrira entre guillemets la traduction proposée en langue nationale pour un passage cité. Après avoir fermé les guillemets délimitant la citation, on écrira un petit chiffre en haut.

Exemple : traduction en dioula²

Le même chiffre sera repris en bas de page ou à la fin du document suivi de la version originale.

QUELQUES ABREVIATIONS

Les formes ci-après sont retenues comme équivalent aux abréviations usuelles que l’on relève dans les écrits ;

lire
Etc.
= onaw
o n’a ɲɔgɔnnaw
Cf.
= atf
a ye tag’a filɛ
N.B.
= Jt
jantoli
1er
= 1 lɔ
fɔlɔ
2e
= 2nan
filanan

Remarques: sera traduit en dioula par kɔrɔsili

LES SIGNES DE PONCTUATION

Les signes de ponctuation devront être utilisés d’une façon adéquate dans les écrits en dioula. Ils reçoivent en dioula les dénominations données ci-après en face des mots français présentés dans l’ordre alphabétique (les articles ne sont pas pris en comptes pour cet ordre).

=
L’accent
tintinnan
Les accolades
kɔnkɔnw
L’alinéa
sirakura
L’astérisque
lolonin
Les crochets
sinsabaw
Deux points
tomi filaw
Les guillemets
kɔnkɔnliw
Les parenthèses
sinsanninw/ kalaninw
Le point
tomi
Le point d’exclamation
kabalitomi
Le point d’interrogation
ɲiningalitomi
Les pointillés
tomininw / tomi tomiw
Les points de suspension
tomi saba
Le point-virgule
tomi ni kɔri
Le tiret
cinin
Le trait d’union
daɲɛkɔnɔci
La virgule
kɔri

Compte tenu du nombre écrits en langues nationales, tout document publié gagnerait à être désormais mieux identifié. Pour ce faire on fournira les informations suivantes :

  • Titre du document ;
  • Editeur ;
  • Lieu de l’édition ;
  • Année de l’édition ;
  • Nombre de volumes ;
  • Nom et prénom (s) du / des traducteur (s) ;
  • Nom et prénom (s) de l’auteur ou des auteurs ;
  • Numéro d’édition ;
  • Indication de la langue.
Remarques
une bibliographie ne se traduit pas en langue nationale.

ANNEXE

Ont participé à la finalisation de ce document :

  • DRAME Tidiani Bobo-Dioulasso
  • SOULAMA Ibrahim Bobo-Dioulasso
  • GOUO Jean Bobo-Dioulasso
  • HEMA Tiegbè Bobo-Dioulasso
  • HIEBIE Dramane Alphonse Banfora
  • TRAORE Alfred Orodara
  • TRAORE Madani Nouna
  • DESSA Dédougou
  • DRAME Adama Ouagadougou
  • HIEN Grégoire Ouagadougou

Test

Les superviseurs (5), animateurs (17), auditeurs (4) de centre d’alphabétisation de la région de Bobo-Dioulasso (village de Tondogosso), et de la région de Dédougou ont été le public cible auprès duquel le présent document a été testé.